Le poids du précédent – Mathieu Dumulon-Lauzière

Lisa LeBlanc. Highways, Heartaches and Time Well Wasted [CD]. Montréal, Bonsound, 2014.

Difficile de surprendre lorsqu’on a déjà surpris. Un objectif qu’on ne souhaite à personne, surtout dans l’industrie musicale. Deux ans, approximativement, après avoir sorti son album éponyme qui a été acclamé par la critique, adulé par les francophones « coast to coast » et qui lui a permis de gagner le titre de révélation de l’année à l’ADISQ, la chanteuse de Rosaireville avait beaucoup à faire pour éclipser les chansons qui l’ont rendue célèbre.

En 2012, Lisa LeBlanc nous avait tous pris de court avec « Aujourd’hui, ma vie c’est d’la marde ». Une drogue douce qui nous initiait à son univers, à sa personnalité et à sa sonorité. Puis, sur le même album, elle nous a délectés d’une poésie directe et vraie avec des bijoux comme « Cerveau ramolli » et « Kraft Dinner ». Des pièces d’une telle force que je me suis surpris à les fredonner en cuisinant la semaine dernière, et ce, même si je ne mangeais pas de macaroni empaqueté avec son propre sachet de poudre mystique.

En 2014, la musicosphère a été bercée par les explosifs et les « imagineux ». Cette année-là a célébré Young Fathers, St. Vincent, FKA Twigs, Sylvan Esso, BADBADNOTGOOD ou bien encore Babymetal, pour ne nommer que ceux‑là. Dans la cacophonie ambiante des mille et un groupes qui tentent de trouver leur place au soleil, les musiciens qui ont marqué le monde de la musique sont justement ceux qui ont mis de l’avant une personnalité audacieuse, un son anormal et qui ont su offrir un produit unique.

En 2016, la question ne sera pas de savoir si Highways, Heartaches and Time Well Wasted est un bon album. C’est un très bon album. Lisa LeBlanc a démontré, sans nul doute, qu’elle maîtrise à merveille son registre. Elle a confirmé haut la main le talent immense qu’elle possède. D’ailleurs, son interprétation de « Katie Cruel » est, à ce jour, ma préférée. Highways, Heartaches and Time Well Wasted est agréable à l’écoute et savoureux à la réécoute. Cependant, dans deux ans, lorsque la poussière sera retombée, j’ai la forte impression que sera encore « Cerveau ramolli », « Kraft Dinner » et « Aujourd’hui, ma vie c’est d’la marde » que je fredonnerai en me préparant des pâtes jaune fluo. Seul le temps pourra me donner raison ou me contredire, et qui sait, peut-être que ce sera « Katie Cruel » que je chanterai entre deux bouchées.

À propos…

D’origine fransaskoise, de parenté franco-ontarienne et brayon d’adoption avec un cœur québécois, Mathieu Dumulon-Lauzière a travaillé en radiodiffusion dans quatre provinces. Il a été journaliste sportif, culturel et politique. Il aime aussi les randonnées sur la plage, la philatélie et les affiches inspirantes mettant en scène des chats suspendus à des cordes à linge.

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