Une odeur de mer – David Lonergan

Richard, Suzanne. La mer trois kilomètres à gauche, L’Étang-du-Nord, Les éditions la Morue verte, 2013, 96 p.

Suzanne Richard nous offre avec La mer trois kilomètres à gauche un charmant recueil de nouvelles qui se déroule aux Îles-de-la-Madeleine d’où elle est originaire et où elle vit.

Les quatorze textes se répartissent à peu près également dans les quatre saisons qui donnent son armature au recueil. De petites histoires qui s’inspirent du quotidien, des petits événements qui colorent la vie de gens sans histoire. Et par-dessus tout une immense tendresse pour les êtres qui y sont dépeints. On se retrouve en milieu familier, voire familial, avec les enfants qui grandissent, les grands qui se souviennent, les amours qui naissent tandis que d’autres meurent.

Une des nouvelles, « À la bonne étoile », se répartit en trois temps. Elle raconte la rencontre entre la Myope et le Grand Muet. Cette histoire d’amour qui s’inscrit au bord de la mer commence un soir d’été, se développe à l’automne alors qu’il part en mer pour un long voyage et se termine au printemps alors qu’ils se rappellent leur première rencontre. Une petite histoire en demi-teinte et touchante.

On a parfois l’impression que l’auteure plonge dans ses souvenirs d’enfance. Ainsi, « L’été des Tranquille » qui relate les séjours estivaux dans le chalet familial entouré de trois autres chalets animés par les cousins et les cousines alors qu’on avait l’impression « que le bout du monde était à trois kilomètres à gauche » puisque c’était l’immense distance qui séparait l’été des autres saisons.

On respire l’air des Îles, on sent les embruns de la mer sur notre peau, on vit au rythme de l’archipel avec ses résidents et ses touristes. Dans le fond, il s’agit d’une déclaration d’amour d’une femme pour ses Îles.

L’écriture est toute en retenue. Suzanne Richard n’en dit pas trop, juste assez pour nous permettre d’embarquer dans l’histoire et d’aimer ses personnages. Le style est sobre, les phrases sont le plus souvent courtes, les histoires bien menées. Un livre sans prétention qui s’offre à qui veut passer un agréable moment aux Îles.

Ce recueil est publié par les Éditions La Morue verte, fondées en 2007 et installées à L’Étang-du-Nord, qui sont « une entreprise vouée à la diffusion d’œuvres d’artistes madelinots et d’ouvrages portant sur les îles » comme l’affirme leur site Internet. Si la maison a seize ouvrages à son catalogue, La mer est un de ses premiers ouvrages de littérature.

À propos…

David Lonergan2David Lonergan est Québécois de naissance et vit en Acadie depuis 1994. Il a travaillé dans divers domaines : théâtre, journalisme (écrit, radio, télévision), enseignement (au secondaire puis à l’universitaire). Il a publié plusieurs livres dont plus récemment aux Éditions Prise de parole, Paroles d’Acadie : anthologie de la littérature acadienne 1958-2009 (2010) et Acadie 72 : naissance de la modernité acadienne (2013).

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