C’est un monde d’hommes – Andrée Cormier

Il y a des jours où j’ai envie de crier lorsque je pense à toutes les formes d’aliénation, d’exploitation, d’inégalités politiques, économiques et sociales dont les femmes continuent d’être victimes.

Elles font face à de nombreuses inégalités sur le marché du travail. Les emplois à prédominance féminine sont sous-payés et sous-estimés. On n’a qu’à penser aux postes d’éducatrices dans les garderies, aux employées de soins à domicile, aux employées des résidences communautaires (group homes), etc. qui ne sont payées qu’au salaire minimum ou à peine plus. Les femmes continuent d’occuper des fonctions subalternes et doivent souvent se battre pour que leurs compétences soient reconnues.

De plus, elles demeurent sous-représentées en politique et dans les postes de pouvoir. Faites un petit exercice, pour la forme. Pensez à toutes les grandes institutions de l’Acadie, par exemple, Radio-Canada, les Caisses populaires acadiennes, l’Université de Moncton, Assomption Vie, le Réseau de santé Vitalité, L’Acadie Nouvelle, la Société nationale de l’Acadie. Maintenant songez à combien de ces institutions sont dirigées par DES FEMMES. La réponse : aucune. Doit-on comprendre que parmi le 50 % de la population constituée par des femmes, il n’y a pas personne d’assez compétente pour accomplir ces fonctions ? N’y a-t-il pas un déséquilibre quelque part ?

À la maison, la responsabilité des tâches ménagères et de soin des enfants repose encore largement sur les épaules des femmes. Un grand nombre d’entre elles vivent dans la pauvreté et dans la violence. La société considère encore les femmes comme des objets visant, avant tout, à plaire. Elles doivent encore se battre pour avoir le plein contrôle de leur corps.

Cela devient frustrant d’avoir l’impression que, peu importe ce que nous faisons pour nous épanouir, des barrières, certaines collectives, d’autres individuelles, sont là pour nous ramener à notre condition de femme, soit de citoyenne de seconde classe. On finit par avoir l’impression de ne pas être « humaine ».

Nous sommes tellement conditionnés par la société de domination masculine dans laquelle nous vivons que, souvent, nous ne remarquons même pas les inégalités qui subsistent. On a même tendance à blâmer les femmes pour la discrimination qu’elles subissent. Pensez, par exemple, aux cas récents où des femmes ont été violées et blâmées de leur agression dans les médias. La culture du viol. On n’apprend pas aux hommes à ne pas violer. On apprend plutôt aux femmes à ne pas s’habiller de façon trop provocante, à ne pas consommer trop d’alcool, à ne pas marcher dans les ruelles trop sombres toutes seules. On sous-entend souvent que les victimes d’agression sexuelle ont, d’une façon ou d’une autre, provoqué ces agressions.

Dans les cas de violence faite par un homme à sa conjointe, avez-vous déjà remarqué qu’on a tendance à qualifier cette violence de « domestique », voire de « conjugale » ? Qu’y a-t-il de « domestique » ou de « conjugal » dans le fait de battre sa conjointe ? On semble utiliser ce terme pour minimiser la situation. Dans presque tous les cas, lorsqu’une femme se plaint d’être victime de violence, on va tenter de la blâmer d’une façon ou d’une autre. On va dire que ce sont des « problèmes de couple », que ce couple a une « relation tumultueuse ». On va dire que la femme est « folle », qu’elle est trop exigeante envers son conjoint. Comme si le fait d’être violent dans une relation était acceptable dans ce contexte.

Comme société, nous dénonçons habituellement la violence sous toutes ses formes. Lorsque les gens apprennent que des enfants ont été abusés ou intimidés, ils sont scandalisés.  Alors pourquoi la violence est-elle acceptable lorsqu’elle vise les femmes ?

Depuis 2010, au Nouveau-Brunswick uniquement, environ 10 femmes ont été assassinées par leur conjoint. Comment règle-t-on la situation ? On arrête l’homme, on le jette en prison, et hop ! Problème réglé ! C’était un cas isolé ! Et l’année suivante, ça recommence. Le problème de la violence des hommes envers les femmes dépasse largement le cadre de la famille. Il s’agit d’un problème collectif qui concerne tout le monde. On ne fait que soigner les symptômes d’un problème, sans vraiment s’attaquer à sa cause. Personne ne semble faire le lien entre cette violence et la structure patriarcale que possède notre société.

J’entends déjà certains qui me répondront : « Oui, mais il y a aussi des hommes qui sont abusés ». Oui, c’est vrai. Et je ne minimise certainement pas ces cas d’abus, mais il reste que la violence contre les femmes est systémique et généralisée. Des tonnes d’études menées au Nouveau-Brunswick, au Canada et partout dans le monde le démontrent.

Le chroniqueur du journal indépendant www.rabble.ca , Michael Laxer, fournit un éclairage intéressant sur le sujet : « For Sexism to have meaning as an idea, it has to be a systemic issue, and there is no systemic discrimination against men. The notion that sexism against men is possible is an invention of those opposed to feminism. « Misandry » is a lie.

Yes, there are many men who, due to issues of class, race or marginalization, have suffered terrible injustices. But no men, anywhere, in any country, anywhere in the world, suffer systemic discrimination due to the fact that they are men.

Nor do men suffer the daily trolling, violent, angry, belittling online hate speech that famous women, women who post about women’s issues, women who make comments on posts, or women who are, simply, women and « guilty » of being women on the internet suffer. »

Il est tellement tabou de parler de féminisme. Je connais peu de femmes qui sont prêtes à s’afficher ouvertement comme féministes. Et d’une certaine manière, je ne les blâme pas. Accepter de porter l’étiquette de féministe, c’est être prête à se faire traiter de tous les noms, à être diabolisée. C’est s’exposer à des conflits potentiels avec son conjoint si on lui reproche de ne pas réellement traiter sa partenaire comme une égale. C’est subir les foudres de femmes qui ne veulent pas risquer de perdre conjoint et/ou ami.e.s. C’est reconnaître que, oui, beaucoup d’hommes ont un statut privilégié dans la société et ne veulent pas le perdre. C’est d’être confrontée aux commentaires mesquins de personnes qui, à la seule vue du mot féminisme, réagissent de façon émotive, irrationnelle et défensive, sans vraiment chercher à comprendre ce que signifie réellement ce mot ou les enjeux qu’il englobe.

C’est difficile de ne pas devenir aigrie, lorsqu’on constate toutes ces injustices. Et si, par malheur, un jour, vous exprimez votre indignation face à cet état des choses, on vous traitera de « méchante féministe », de femme frustrée, etc. On vous dira que vous êtes folle, hystérique, paranoïaque. Alors il faut continuer d’être « belle et de sourire », de faire comme si de rien n’était. C’est plus facile que de remettre en question l’ordre établi.

À propos…

Andrée Cormier a fait des études de journalisme et travaille dans le domaine des communications. Elle est bénévole depuis plusieurs années au sein d’organismes de défense des droits des femmes et des animaux. Elle s’intéresse beaucoup aux questions de justice sociale et de participation citoyenne. Les opinions exprimées dans cette chronique sont les siennes.

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13 réponses à “C’est un monde d’hommes – Andrée Cormier

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  2. Bonjour Andrée! Oui bravo de faire avancer les mentalités sur une question qui devrait préoccuper autant les hommes que les femmes. Il s’agit d’une question de justice sociale pour tous et toutes .Il ne faut pas oublier que le mouvement féminisme est considéré comme un des plus grands mouvements sociaux du vingtième siècle. Il a permis de mettre en lumière les inégalités sociales basées sur le genre. Je crois à l’instar de la question des droits linguistiques de connaitre l’histoire afin de mieux comprendre les rapports sociaux de sexe aujourd’hui. Oui, les femmes ont fait des progrès à bien des niveaux mais comme le mentionne Andrée, il reste encore beaucoup à faire. Nous n’avons qu’à examiner la place réservée aux femmes dans les secteurs technologiques, scientifiques, économiques et politiques. On a mentionné que les femmes n’ont qu’à se présenter pour être élues en politique. C’est bien facile à dire mais encore faut-il faire tomber les barrières qui sont bien enracinées dans la culture des parties?
    Les jeux de pouvoir qui se jouent les empêchent d’être élues notamment aux seins des parties plus traditionnelles. La culture n’a pas beaucoup changé depuis l’époque où les femmes n’avaient même pas accès à ces institutions démocratiques parce qu’elles n’étaient même pas considérées comme des « personnes » aux yeux de la loi. Si vous avez des mères ou des grands-mères qui sont toujours vivantes et qui sont nées avant 1929, elles n’étaient pas des personnes au sens de la loi puisque la définition du mot « personne » au Canada excluait les femmes. Imaginez que les femmes qui travaillaient dans la fonction publique avant 1968 devaient quitter son emploi dès qu’elle était enceinte. Je pourrais continuer ainsi mais comme le dit Andrée, il ne faut pas se sentir menacés devant ces questions en faisant ressortir des cas isolés pour dire que les hommes aussi vivent des discriminations. Je vous invite à remettre en question des à priori ou des stéréotypes qui empêchent souvent de bien s’informer pour mieux débattre ces questions avec un esprit ouvert. Bravo encore une fois pour ton billet, Andrée!

  3. Bonjour Andrée, ce que je ne comprend pas est que tu mentionnes l`étude que les femes sont sous-payé sur les emploies à prédominence féminin, la première exemple que je vois sont les gardes malades qui sont à mon avis de prédominence dans les hopitaux, elle ne sont pas sous payé vis à vis leur confrères masculin, aux institutrices qui pour moi sont encore prédominent, ils ont un salaire équivalent concernant leur niveau, je peux voir les éducatrices en garderie qui sont à prédominence féminine et qui ont un salaire inférieur à la normal mais je ne crois pas que les hommes seraient payé plus s`ils fesaient le même emploie. Coté politique municipale et gouvernemental, on a jamais vu beaucoup de dames dans ce domaine, il faut comprendre du coté municipale tu ne fait pas cela pour l`argent car sa prend beaucoup de ton temps pour ce que cela raporte financièrement, c`est presque du bénévolat, avec des enfants à la maison c`est compréhensible qu`ils ne se présentent pas mais on peut voir que le vent change depuis les dernières années, en se faisant élire, ils n`auront pas un salaire inférieur à leur partenaire masculins, il y a un barême coté salaire. Andrée, que proposes tu pour renverser cette situation que nous vivons dans un monde d`hommes. J`avoue quand même qu`il y a des boys club comme l`armée, police, pompiers et j`en passe assurément.

    • M. Plourde, vous citez les deux exceptions à la règle dans les emplois à prédominance féminine : les infirmières et les enseignantes, qui, oui, ont maintenant de bonnes conditions de travail. Mais c’est de peine et de misère qu’elles les ont obtenues. Elles ont dû mener des combats épiques par l’entremise de leurs syndicats pour que leur travail soit reconnu à sa juste valeur. Je vous invite à lire des extraits de l’historique du Syndicat des infirmières et infirmiers du N.-B. pour en témoigner vous-même :https://www.nbnu.ca/images/stories/publications/historyeng.pdf Mais il y a plein d’emplois à prédominance féminine qui demeurent sous-payés, comme ceux de secrétaires / adjointes administratives, caissières, éducatrices dans les garderies, employées de soins à domicile, employées de refuges pour femmes battues, employées de résidences communautaires…La liste est longue…Je vous invite aussi à lire les textes affichés dans ma dernière réponse à Kevin Roy, qui sont très instructifs. Quand à la représentation des femmes au niveau de la politique municipale, qui a dit qu’il fallait forcément que ce soit les femmes qui restent à la maison s’occuper des enfants pendant que les hommes font du bénévolat ? Est-ce que les hommes ne peuvent pas le faire ? Et est-ce qu’il ne serait pas temps que les institutions et entreprises s’adaptent, adoptent des horaires plus flexibles, pour permettre aux femmes de participer plus activement au développement de la société ? Elles représentent après tout 50 % de la population…Les solutions que je propose ? Il n’y pas de solution miracle à ce problème…Ma première suggestion serait de « désapprendre » tout ce que notre société de domination masculine vous a appris, d’ouvrir votre esprit. De lire des textes sur le féminisme et sur les nombreuses inégalités qui touchent les femmes. Et surtout, d’arrêter d’attribuer des rôles genrés aux hommes et aux femmes. Que chacun.e soit libre d’être et de faire ce qu’elle/il veut, et non ce que la société lui impose…

  4. S`il on prend du temps de nos arrières parents, et peut-être pas si loin les femmes se devaient de faire à manger et de faire attention aux enfants. A ce temps la majorité acceptaient leur sort. Cette tendance à croire que les femmes n`étaient bonne que pour le ménage a persister très longtemps dans l`idée de plusieurs, probablement ce qui n`a pas aidé. Si l`on regarde dans le domaine de la santé le nombre de femmes qui sont médecins, avocates, professeur aux universités et directrice d`écoles et tout ce beau monde ont un salaire pour ma part équivalent aux hommes et même supérieur, ces femmes y ont été à fond et c`est peut-être ce qui manque à plusieurs qui se sentent inférieur et ne veulent pas y aller à fond. Vous dites que les hauts dirigants sont des hommes en majorité, ce pourrait-il que les femmes ne se présentent pas comme candidates pour ces hautes positions. Il ne faut pas trop généraliser, un bon nombre de femmes ont des positions clefs dans notre pays, par exemple Ford du Canada ont une dame comme Présidente et je pourrais continuer. Je suis membre d`un bureau de direction et nous avons choisi une dame comme directrice exécutif et elle a su se démarquer comparé à bien des hommes. Pour ma part je pense que ce sont aux femmes de démontrer leur valeur et pour ceux qui sauront le faire et bien elle seront récompensés.

    • Merci pour votre commentaire M. Plourde. Je comprends ce que vous dites. Évidemment, les femmes doivent « faire leur part », foncer et bien sûr, avoir les compétences nécessaires pour occuper les postes qu’elles convoitent. Vous parlez du secteur de la médecine, où il y a une forte augmentation du nombre de femmes médecins depuis quelques années. Oui, c’est vrai. C’est aussi vrai qu’une récente étude a démontré que pour la première fois dans l’histoire du pays, les femmes ont maintenant un niveau de scolarité supérieur aux hommes. (http://www.ledevoir.com/societe/education/381634/scolarite-au-canada-les-femmes-depassent-les-hommes-pour-la-premiere-fois). Toutefois, malheureusement, cela n’équivaut pas automatiquement à de meilleurs emplois ou de meilleures conditions de travail pour les femmes. Et l’étude le mentionne aussi. Il y a encore un écart salarial important entre les hommes et les femmes, surtout dans les secteurs à prédominance féminine, qui ne s’explique pas simplement par le fait que les femmes choisissent certaines professions ou qu’elles manquent de confiance en elles. Renseignez-vous sur le dossier de l’équité salariale et vous le constaterez de vous-même http://www.equite-equity.com . Les préjugés et la discrimination sont tenaces. Ça prend du temps pour changer les mentalités. Et c’est justement ce que j’essaie de faire. L’idée ce n’est pas de généraliser ou de dire que « tous les hommes sont méchants ». Prenez le temps de regarder autour de vous. Essayez de vous mettre à la place des femmes, de voir les choses à travers leurs yeux. Il y encore bien des « boys club », que ce soit au niveau de la politique municipale, provinciale ou fédérale, au niveau des organismes que je mentionne dans mon texte, ou des conseils d’administration d’entreprises. Les femmes ont bien beau foncer et avoir les compétences, si la société n’emboîte pas le pas et ne les prend pas au sérieux, ça va prendre beaucoup de temps avant que les choses ne changent.

      • J’ai un peu de difficulté a comprendre : « C’est vrai que les hommes ne font pas plus d’argent dans les emplois à prédominance féminine » comme constaté à la réplique de mon commentaire, ou « Il y a encore un écart salarial important entre les hommes et les femmes, surtout dans les secteurs à prédominance féminine » décrit ci-haut ?

        Peut-être que c’est juste moi, mais on dirait une contradiction ?

        • Je me suis trompée en affirmant que « que les hommes ne font pas plus d’argent dans les emplois à prédominance féminine ». J’aurais eu tendance à croire que comme ces postes sont déjà si peu payés, qu’il y aurait eu peu de différence entre les hommes et les femmes. Toutefois, même dans ces cas, les hommes ont tendance à être mieux rémunérés que les femmes, comme en témoigne le Profil égalité 2012 de la Direction des questions féminines du gouvernement du N.-B. (page 76) :

          « Les emplois traditionnellement occupés par des femmes sont souvent faiblement rémunérés. Les hommes travaillant dans les professions dominées par les femmes ont tendance à toucher des salaires plus élevés que ceux de leurs collègues féminins. »

          http://www2.gnb.ca/content/dam/gnb/Departments/eco-bce/WI-DQF/pdf/fr/ProfilEgalite.pdf

          Et oui, il y a toujours un écart salarial important entre les hommes et les femmes de façon générale dans la société, si l’on compare les postes à prédominance féminine à ceux à prédominance masculine.

          Il y a deux niveaux d’iniquité salariale.

          Le premier, c’est où des femmes et des hommes vont occuper des emplois différents, (souvent au sein d’une même entreprise/ institution), mais qui ont une valeur égale (qui nécessitent un même niveau d’éducation, de compétences et ont des responsabilités semblables), et donc, qui devraient être rémunérés de façon égale. Mais dans plusieurs cas, les femmes sont moins rémunérés que les hommes. Par exemple, pendant plusieurs années, le poste de concierge dans les universités (poste à prédominance masculine qui ne nécessite aucune éducation ou formation) était mieux rémunéré que celui de secrétaire / adjointe administrative (poste à prédominance féminine qui nécessite une formation collégiale ou universitaire et qui comporte plusieurs responsabilités). Après évaluation des deux postes, on ne pouvait expliquer cet écart salarial que par la discrimination envers les postes traditionnellement associés aux femmes.

          L’autre niveau d’iniquité salariale, c’est pour les emplois à prédominance féminine où il n’existe pas nécessairement d’équivalent masculin, mais qui sont historiquement sous-payés. Ce sont les emplois qui, pendant longtemps, ont été relégués aux femmes parce qu’on considérait que c’était dans leur « nature » de s’occuper des autres (ex : soins des enfants et des personnes âgées).

          Voici un texte de la Commission sur l’équité salariale du Québec qui l’explique bien :
          « 1. Les stéréotypes et les préjugés sociaux
          La société a longtemps reposé sur une division sexuelle des tâches, les femmes étant mères au foyer, alors que les hommes occupaient largement le marché du travail. Cette division des rôles sociaux a eu des effets sur les salaires versés aux femmes. Pendant une très longue période, on a estimé qu’un homme, en tant que soutien de famille, devait recevoir un salaire plus élevé que celui d’une femme, considéré comme un revenu d’appoint.
          2. La sous-évaluation des emplois féminins
          Certaines caractéristiques des emplois féminins sont soit ignorées ou sous-estimées, parce qu’elles sont considérées comme des qualités naturellement féminines. Cette tendance a pour effet de sous-évaluer les salaires de ces emplois.
          Voici deux exemples de sous-évaluation des emplois féminins :
          Dans un emploi de secrétaire-réceptionniste, on pourrait sous-évaluer, ou oublier, la capacité d’écoute et d’empathie ainsi que la patience nécessaire pour transiger avec une clientèle mécontente ou des personnes impatientes, alors que les mêmes capacités seraient prises en considération dans l’emploi masculin d’agent de recouvrement.
          Dans l’évaluation d’un emploi de caissière, on pourrait sous-évaluer les efforts physiques demandés par l’obligation de soulever continuellement des poids légers, alors que dans l’évaluation d’un emploi masculin de manutentionnaire, on aurait pris en considération le fait de soulever des poids lourds, même occasionnellement.
          3. La ségrégation professionnelle

          La ségrégation professionnelle des femmes dans un nombre limité de secteurs d’activités et de professions persiste. Les femmes exercent souvent des métiers et des professions qui se situent encore aujourd’hui dans le prolongement de leur rôle traditionnel de mère et d’épouse. Ces emplois sont couramment associés aux femmes. Ils sont caractérisés, par exemple, par les soins donnés aux personnes et font appel à des qualités considérées comme étant féminines, telles que l’écoute, la minutie, la disponibilité et la compassion.»

          http://www.ces.gouv.qc.ca/realiserequite/regles/salaireegal.asp#trois

          Voir d’autres éléments à considérer dans le Profil Égalité du N.-B. :

          « Les femmes qui travaillent dans les secteurs historiquement dominés par les hommes, tel celui des sciences naturelles et appliquées ou la gestion, gagnent moins en moyenne que leurs collègues masculins. » (page 76)

          En 2011, 12,2% de toutes les employées, et 7,1% des employés, au N.-B. gagnaient le salaire minimum, une augmentation importante depuis 2009 et la plus forte proportion de femmes gagnant le salaire minimum au Canada. La plupart des travailleurs au salaire minimum au N.-B. sont des femmes. En 2011, plus de 6 de 10 (64%) des personnes percevant le salaire minimum étaient des femmes. (…) (page 2)

          En 2011, les femmes au N.-B. gagnaient en moyenne 88,3% de ce que gagnaient les hommes, un écart de 11,7%. Il s’agit du plus petit écart depuis que cet indicateur est publié, soit 1997. L’écart salarial moyen au Canada en 2011 était pire encore, 13,7%. Le N.-B. est classé au quatrième rang des provinces pour son écart salarial entre les sexes. » (page 2)

          Je vous suggère de lire la page suivante dans le site de la Coalition pour l’équité salariale du N.-B pour en connaître plus à ce sujet (mythes et réalités au sujet de l’équité salariale) :

          http://www.equite-equity.com/mythes_realite.cfm

          Voici un autre excellent article que j’ai lu dernièrement qui fournit beaucoup de statistiques et dresse un bon portrait des inégalités qui persistent entre les hommes et les femmes au Canada :

          http://rabble.ca/news/2013/07/dont-be-fooled-cabinet-shuffle-spin-15-reasons-why-harper-fake-feminist

          J’espère que vous prendrez le temps de lire les articles suggérés. Il est toujours préférable de tenir des débats informés.

  5. L’argument de laisser « agir les forces du marché » est « vieux comme le monde ». Le but ultime du marché est de toujours générer plus de profits tout en réduisant les coûts de production (comme les salaires, par exemple). Le marché ne fait que tirer les salaires vers le bas et affaiblir les conditions de travail des employé.e.s. C’est justement pour cela que nous avons besoin de lois et de chiens de garde comme les syndicats pour défendre le bien commun et réduire les inégalités sociales. Si vous pensez que les emplois à prédominance féminine ne sont pas « profitables », vous changeriez peut-être d’idée demain matin si les éducatrices qui s’occupent de vos enfants ou les employées de soutien à résidence qui soignent vos parents malades décidaient soudainement de ne plus travailler pour un salaire de misère.

  6. M. Roy, merci pour vos commentaires. Si je vous comprends bien, nous ne devons nous fier qu’aux « forces du marché » et seulement garder les services qui génèrent des profits ? Alors devrions-nous éliminer nos systèmes de santé et d’éducation, services essentiels qui réduisent les inégalités sociales, parce qu’ils ne font pas de « profits » ? Il y a des services qui ne génèrent pas de profits, mais ont une grande valeur sociétale. Et la plupart du temps, ce sont les femmes qui vont offrir ces services (soins aux enfants, aux aînés, travail social, etc.) Les femmes sont souvent considérées comme du cheap labor justement par les forces du marché. C’est vrai que les hommes ne font pas plus d’argent dans les emplois à prédominance féminine. Je n’ai pas dit le contraire…Et oui, je vous l’accorde, j’ai surtout présenté des notions de base sur le féminisme et sur les inégalités qui touchent les femmes. Que voulez-vous, à moins d’avoir plus de Michaël Dubé dans ce monde, les débats sur le féminisme ne peuvent jamais aller au-delà d’une remise en question sur son existence et sur les inégalités qui affectent les femmes…Bien à vous.

  7. Les emplois à prédominance féminine ne font qu’écouter que les forces du marché. Le système fait pas de profit avec des group homes, garderies, etc. Les hommes ne font pas plus d’argent dans des emplois a prédominance féminine.

    J’aime bien lire des articles pour dissecter le biais de l’auteur(e), mais cet articles ne fait que reprendre les arguments d’un cours d’intro sur le féminisme.

  8. Bravo! Il est important de parler des vraies choses. J’ai aussi cette impression que le féminisme est un sujet tabou. Merci.

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