Questions et réponses avec le nouvel exécutif de la Féécum – Samuel Rioux

-Samuel Rioux-

À la suite de l’annonce de l’augmentation des frais de scolarité par le gouvernement du Nouveau-Brunswick, beaucoup d’étudiants ont jugé que la décision était inacceptable. Dès septembre, les frais de scolarité annuels à l’Université de Moncton des étudiants canadiens augmenteront de 150$ alors que les étudiants internationaux devront encaisser une augmentation de 1000$.

Une manifestation a eu lieu dans l’édifice Taillon et les étudiants furent bien appuyés par le nouvel exécutif de la FÉÉCUM dans cette initiative. Le mandat des nouveaux élus est à peine commencé qu’on sent déjà la forte présence de Kevin Arseneau (président), Samuel Leblanc (vice-président académique), Simon Ouellette (vice-président externe) et Émilie Haché (vice-présidente interne) sur le campus.

C’est autour de quelques bières entre amis que j’ai rencontré Samuel Leblanc, Émilie Haché et Simon Ouellette afin de découvrir ce qu’ils comptent faire au cours de la prochaine année universitaire.

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De gauche à droite : Samuel Leblanc, Émilie Haché, Kevin Arseneau et Simon Ouellette.

Pourquoi avez-vous joint l’exécutif de la FÉÉCUM? Est-ce que vous vous connaissiez déjà et était-ce un choix individuel?

Simon : Le tout a commencé avec Kevin Arseneau qui m’a dit un jour «J’vais me présenter à la présidence» (en imitant sa voix grave avec un accent du nord de la province).

Samuel : Pendant plusieurs mois Kevin parlait de se présenter à la présidence de la FÉÉCUM. Il n’était pas d’accord avec la décision de l’ancienne présidente (Joëlle Martin) de ne pas s’associer au mouvement des étudiants du Québec C’est cette discussion qu’il avait eue avec Joëlle Martin qui lui a donné l’idée de se présenter.

Je parlais souvent de Kevin à Simon qui se présentait à la FÉÉCUM et c’est là qu’on s’est dit «Hey, on devrait se présenter aux prochaines élections nous aussi!».

Samuel : Ensuite, il y a eu l’événement des six recommandations que la FÉÉCUM a soumises à la province et c’est à cette rencontre qu’on a rencontré Émilie.

Émilie : Je pensais joindre la FÉÉCUM cela faisait un an déjà.

Quelle était cette réunion portant sur les recommandations de la FÉÉCUM qui avait causé tant de remous au sein de la population étudiante?

Simon : Pendant le premier semestre, par hasard, j’ai lu les six recommandations qui avaient été envoyées au gouvernement en septembre ou en octobre. Je les ai lues juste pour le fun et j’ai vu que l’une des recommandations disait que si hausse des frais de scolarité suivait l’inflation, c’était correct.

 

Correcte dans le sens d’abordable?

Simon : Exactement. Je me suis dit que ça ne se pouvait pas et sur le groupe Facebook de la FÉÉCUM, j’ai suggéré de corriger le tout, car il me semble que cette position ne représente pas du tout les intérêts de la Fédération. Ils m’ont répondu « Non, ce n’est pas une erreur et on ne va pas le corriger». Là je me suis dit « Ah ouais?» et j’ai propagé le message partout où je pouvais le faire sur Facebook, car je voulais demander aux autres si c’était vraiment là où notre fédération était rendue, de faire face à une nouvelle hausse et de ne pas réagir.

Est-ce que cette situation a mis un peu l’huile sur le feu en ce qui concerne votre choix de vous présenter pour l’année d’après?

Samuel : Oui en effet, c’était un élément déclencheur! On y pensait déjà, mais cela nous a mené à l’idée qu’il fallait vraiment changer les choses.

Émilie : Dans mon cas, quand j’ai vu qu’ils allaient se présenter (Kevin, Sam et Simon), je me suis dit « Voilà, c’est maintenant ou jamais».  Je ne sentais pas que le conseil de l’année précédente allait amener des changements.

Que voulez-vous faire de différent que les exécutifs précédents?

Simon : Je crois qu’il faut vraiment se rappeler qui on représente. On représente l’intérêt des étudiants.

Émilie : On représente une éducation accessible.

Simon : Exactement! On veut se rapprocher de ce qui était la première raison d’être de la Fédération, c’est-à-dire de faire en sorte que les étudiants se rassemblent pour être plus forts. Il faut lutter pour une éducation accessible, du logement accessible et pour que l’éducation soit un projet de société au Nouveau-Brunswick.

Comparé aux années dernières si on était pour changer des choses ça serait vraiment l’attitude de la Fédération. On veut également, comme Kevin le disait, changer les traditions de la FÉÉCUM et faire en sorte qu’elle se bat pour son monde. Ne pas seulement faire partie de l’exécutif pour augmenter son CV et pour se faire  un réseau de contacts.

Émilie : Oui, que la motivation principale soit plus communautaire.

Samuel : Dans le fond, on n’est pas un gouvernement, on est un exécutif. Ce n’est pas la même chose, on exécute ce que les membres de la Fédération nous disent de faire, on ne dit pas aux membres quoi faire. La FÉÉCUM a longtemps été un tremplin vers une carrière politique et c’est ce qu’on veut changer. L’exécutif, c’est de vouloir avoir ce qu’il y a de bien pour les étudiants et d’avoir une vision pour notre université et une vision pour notre société acadienne! L’Université de Moncton est LA place où il y a de l’avant-gardisme en Acadie et c’est ça qu’on devrait concrétiser, c’est ça qu’il faut qu’on fasse!

Simon : Hear, hear!

Pensez-vous que les étudiants sont assez engagés au sein de la vie étudiante sur le campus ou pensez-vous que vous allez devoir faire un travail supplémentaire pour aller les chercher?

Émilie : Il faut leur donner une chance de s’intéresser, il faut faire des choses qui les intéressent. Je m’excuse, mais quand on touche des étudiants avec des sujets qui les dérangent vraiment, ils sont là. C’est comme on disait, c’est de laisser le pouvoir à la population, tout en travaillant avec eux.

Simon : Il faut déterminer comment on s’organise ensemble. Jasons de ça et donnons-nous du pouvoir, pas dans le sens négatif, mais dans la capacité d’agir. Quand tu donnes la capacité d’agir à des étudiants, c’est à ce moment que tu as des finissants fier, que tu as des activités sociales qui «kick du tchu» et que tu as vraiment une chimie sur le campus. L’esprit du campus se développe comme ça!

Donc vous agissez un peu comme catalyseur?

Simon : Exactement, l’intérêt étudiant commence déjà à devenir plus grand et c’est intéressant! C’est de réaliser que lorsque tu parles d’affaires qui vont vraiment toucher le monde et qui vont vraiment les affecter, ça intéresse les gens.

Quelles sont vos forces dans le groupe?

Samuel : Je pense que notre force principale est qu’on a toute une même vision, on a la même motivation et on va dans la même direction. On se chicane rarement sur ce qu’on va faire, sauf pour se questionner et se donner des meilleurs arguments.

Émilie : On se respecte et je trouve que notre groupe interagie de façon vraiment organique.

Samuel : On veut tous que l’éducation soit accessible, tant l’éducation postsecondaire que l’éducation en générale. On veut tout ça ensemble, il n’y a personne dans l’exécutif qui n’en veut pas et ça facilite incroyablement les choses!

Où pensez-vous amener le mouvement contre la hausse des frais de scolarité?

Samuel : Le mouvement contre la hausse, il s’insère dans quelque chose de beaucoup plus grand. C’est quelque chose qu’il faut vaincre à court terme, mais il s’insère dans un projet de société beaucoup plus large. Un projet de société qui veut que l’éducation soit importante et pas seulement au Nouveau-Brunswick, mais partout dans le monde.

L’exécutif de la FÉÉCUM s’insère là-dedans. On ne peut pas laisser passer aveuglément une autre hausse comme on fait chaque année. Chaque année la FÉÉCUM nous dit «Ah, on va accepter une hausse des frais parce que ce n’est pas trop pire», mais ça fait des années qu’on accepte des augmentations, des années et des années! Cela n’a aucun sens. Présentement, on débourse plus que le double des frais de scolarité d’il y a 20 ans! Si on suivait le taux d’inflation depuis les années 90, on payerait 3000$ de frais de scolarité à l’Université de Moncton. On en est à près de 6000$ aujourd’hui.

Émilie : On est en train de transformer l’éducation en simple produit de marché.

Samuel : L’Université est rendue tellement chère au Nouveau-Brunswick qu’on ne peut même plus se battre. Les gens ne peuvent même plus faire la grève parce que c’est trop couteux!

Simon : C’est l’idée de discipliner les étudiants en augmentant les frais de scolarité. C’est aussi ce qui se passe aux États-Unis. Tu veux t’impliquer dans des associations étudiantes et développer ton sens civique, too bad, il faut que tu paies 40 000$ pour tes études. Tu as voulu faire une grève pour la cause étudiante, c’est toi (l’étudiant) qui perds, car ça coûte tellement cher maintenant de faire un tel geste. L’éducation ne devrait pas être une marchandise, tu ne vas pas au magasin t’acheter un baccalauréat.

Émilie : Oui, ça devrait être un droit.

Samuel : C’est une question d’accès à la connaissance et ça n’a pas d’allure de penser que l’accès à la connaissance n’est qu’un simple moyen de se trouver une job.

 

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