Le moment de vérité de la ministre Joly – Collectif

Depuis quelques jours, les parties prenantes se renvoient la balle dans le dossier du financement de l’Université de l’Ontario français (UOF). La récente lettre de la ministre du Tourisme, des Langues officielles et de la Francophonie, Madame Mélanie Joly, à Madame Dyane Adam, la présidente du Conseil des gouverneurs de l’UOF, selon laquelle la proposition de l’Ontario pour le financement de l’UOF est irrecevable parce qu’incomplète est désolante. Elle est surtout surprenante. Rappelons que la ministre Joly a voulu se faire l’alliée des minorités de langue officielle au Canada depuis que lui a été confié ce dossier.

Depuis plusieurs mois déjà, elle a martelé l’importance du dossier de la création de l’UOF tant au sein du gouvernement Trudeau qu’auprès du gouvernement Ford. Tout donnait à croire que ses interventions commençaient à porter fruit et qu’une entente avec le gouvernement provincial de l’Ontario était imminente.

Or, nous apprenions cette semaine que la ministre Joly considérait que la proposition de la part du gouvernement ontarien ne répondait pas pleinement aux exigences administratives du fédéral. Cette position de la ministre risque de faire échouer une entente déterminante pour l’avenir de la communauté franco-ontarienne. Déplorable dénouement alors que la partie semblait près d’être gagnée. Selon nous, ce qui est indispensable dans l’immédiat est une entente de principe entre les deux gouvernements. Les fonctionnaires auront toujours le temps entre eux de peaufiner les formulaires et la documentation requise.

L’approche tatillonne de Madame Joly est mal avisée. Tout nouveau délai met en péril le travail que l’équipe de l’UOF a accompli dans les derniers mois, particulièrement depuis que la ministre elle-même ait débloqué des fonds qui lui a permis de poursuivre le développement de l’institution en janvier 2019. Surtout, elle risque de retarder encore l’accueil de la première cohorte d’étudiants francophones.

Ce qui prend de plus en plus l’allure d’une valse-hésitation risque de nous faire douter du leadership de Madame Joly. Elle était avec les 15 000 Franco-Ontariens sortis dans la rue le 1er décembre 2018, scandant «Nous sommes tous Franco-Ontariens».  Elle laissait penser qu’elle voulait cette université autant que la communauté qui portait ce projet depuis plusieurs années. Plusieurs ont cru en elle et souhaitent toujours croire en son engagement envers l’UOF. C’est sur le gouvernement ontarien que repose la responsabilité de la crise initiale et il a tardé à répondre à l’appel pour trouver une solution. Mais, maintenant qu’il cherche à s’engager envers une sortie de crise, elle doit en prendre acte et agir en conséquence.

La ministre Joly doit faire le pas qui s’impose : s’asseoir avec les ministres ontariens responsables du dossier de l’UOF et apposer sa signature à cette entente tant attendue avant le déclenchement des élections fédérales. Le temps des tergiversations est terminé. Le projet doit obtenir l’appui concret et sans équivoque des deux gouvernements pour enfin aller de l’avant.

À propos…

Martin Normand, Université d’Ottawa

Nathalie Bélanger, Université d’Ottawa

Clint Bruce, Université Sainte-Anne

Stéphanie Chouinard, Collège militaire royal du Canada

Guillaume Deschênes-Thériault, Université d’Ottawa

Michel Doucet, avocat

Janique Dubois, Université d’Ottawa

Pierre Foucher, Université d’Ottawa

Yves Frenette, Université de St-Boniface

Érik Labelle Eastaugh, Université de Moncton

Valérie Lapointe-Gagnon, Faculté St-Jean

Rémi Léger, Université Simon Fraser

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