Pour une Marguerite acadienne – Ricky G. Richard

En admettant que l’Acadie est plurielle et que son territoire n’est pas politiquement reconnu, il demeure un défi de taille de définir l’identité collective en fonction d’une géographie précise.

Comment réconcilier les conceptions politiques et généalogiques de l’Acadie? Quelles sont les rapprochements ou les alliances possibles entre les conceptions du développement de l’Acadie ou les différentes territorialités acadiennes? Est-ce que l’Acadie territoriale et celle de la diaspora sont des réalités mutuellement exclusives?

Le territoire

La territorialité acadienne a toujours été problématique, approximative et diffuse. C’est que la géographie des lieux qu’occupent les Acadiennes et les Acadiens ne correspond habituellement pas à des frontières politiques dotées d’un véritable pouvoir ou d’une souveraineté législative. L’histoire a contraint le peuple acadien, pour les raisons qu’on connait, à devenir nomade. À l’origine, la volonté collective visait l’enracinement, sur les basses terres endiguées et arables de l’actuelle Nouvelle-Écosse. Le destin historique du peuple acadien l’a contraint à l’exode.

Le Grand Dérangement a brouillé les cartes et essaimé les Acadiennes et les Acadiens vers d’autres terres : au Cap-Breton, à l’Île-du-Prince-Édouard, au Nouveau-Brunswick, à Terre-Neuve-et-Labrador et ailleurs. L’exode a même débordé les provinces atlantiques, semant les graines d’une Acadie de la diaspora. Les Acadiennes et les Acadiens du 18e siècle furent déportés en Europe ou aux États-Unis. Certains ont fui les Britanniques ou ont migré d’eux-mêmes vers le Québec.

L’Acadie, sise dans les provinces atlantiques, recoupe vaguement les frontières d’un territoire approximatif, dessiné jadis par les géographes du roi : La Cadie. Au 21e siècle cependant, le projet social et politique – porté par la Société nationale de l’Acadie, les associations provinciales et tous les Acadiennes et les Acadiens qui y croient – a voulu recentrer l’Acadie. Ces acteurs ont défini une Acadie territoriale : là où se concentrent les Acadiennes et les Acadiens pour vivre ensemble. L’Acadie d’aujourd’hui, en tant qu’identité collective vécue, s’enracine et se développe en Atlantique.

La diaspora d’hier à aujourd’hui

Il y a aussi une Acadie de la diaspora dont l’histoire est toute autre. Lors du lent retour des Acadiennes et Acadiens vers le Canada, certains choisirent de se réinstaller dans la grande vallée du Saint-Laurent au lieu de revenir en Atlantique. Ils ont rejoint ceux et celles qui y étaient déjà. Cette diaspora a aussi vécu des bouleversements et n’a pas véritablement pu participer à l’émergence du nationalisme acadien de l’époque du Monseigneur Marcel-François Richard à la fin du 19e siècle.

En raison de l’éparpillement, le processus identitaire fut beaucoup plus lent et diffus. Refaire l’unité de la diaspora acadienne, en Louisiane, en Nouvelle-Angleterre ou au Québec était plus difficile. Pourtant, les Acadiennes et les Acadiens déplacés de force de leur foyer national ont continué à vivre leur identité, en valorisant leur religion et culture. Ils ont maintenu une appartenance ou une identité individuelle qui s’est transmise aux enfants au sein de la structure familiale.

Certaines Acadiennes et certains Acadiens se sont en quelque sorte transplantés au Québec après le Dérangement. Plus récemment, ces Québécoises et Québécois de naissance ou de culture se sont découvert des origines acadiennes en fouinant leur généalogie plus ou moins lointaine. Bien que sur le tard, une renaissance acadienne s’est éveillée au Québec à la fin du 20e siècle. L’identité y est surtout généalogique mais elle est aussi animée par des migrations contemporaines et individuelles d’Acadiennes et d’Acadiens de l’Atlantique vers le Québec. Ainsi, se sont constitués des pôles d’appartenance acadienne qui ne sont pas, à proprement parler, du même registre que l’identité collective vécue en Atlantique.

Des sociétés historiques ont contribué à apporter un éclairage sur ce qui était advenu des Acadiennes et des Acadiens déportés ou exilés au Québec suite au Grand Dérangement. Des villes ont aussi emboîté le pas et ont reconnu haut et fort que leur histoire était marquée par l’arrivée d’Acadiennes et des Acadiens qui ont bâti leur région. Des drapeaux, des monuments, des cérémonies à consonances acadiennes sont apparus en sol québécois. Les congrès mondiaux acadiens ont aussi nourri la prise de conscience au sein de la diaspora. La mère-patrie en Atlantique conviait alors les Acadiennes et les Acadiens exilés à revenir sur les lieux qu’ont foulé jadis leurs ancêtres.

Cette diaspora du Québec s’est même dotée d’un réseau associatif, qui regroupe des individus, des sociétés historiques et des municipalités. Ceux-ci ont créé la Coalition des organisations acadiennes du Québec. Ce nouveau réveil acadien, en dehors de l’Acadie territoriale, est d’une grande richesse mais pose aussi un dilemme.

Crédit photo : Ricky G. Richard.

La nouvelle minorisation?

La résurgence de la diaspora, notamment au Québec, pose le problème de la folklorisation de l’identité. S’il y a trois millions ou même plus de Québécoises et de Québécois qui sont de descendance acadienne, sans compter les Cajuns ou Franco-Américaines et Franco-Américains, que reste-t-il du projet politique ou d’affirmation identitaire en Acadie territoriale? Celle-ci serait constituée en petites communautés 10 ou 15 fois moins nombreuses que la diaspora acadienne.

L’Acadie, comme l’avait dit Pierre Perrault, est une géographie de l’âme. Il s’agit d’abord d’une idée, d’un projet ou d’un récit identitaire que l’on porte en soi. Il y a aussi une Acadie vécue et territoriale, encadrée dans un réseau complexe d’associations, d’institutions et de droits. L’Acadie vécue s’affirme tant bien que mal malgré le contexte minoritaire en Atlantique. L’Acadie territoriale réussi à créer des espaces de vie francophone malgré la prédominance de l’anglais dans certaines sphères.

Confrontés à la montée de la diaspora au Québec, les Acadiennes et les Acadiens d’aujourd’hui craignent la minorisation numérique ou la marginalisation identitaire. Si l’identité acadienne devient de plus en plus définie par des Acadiennes et les Acadiens du Québec, l’Acadie territoriale risque de perdre au change ou d’être à nouveau dépossédée.

Les penseurs ou militants au Nouveau-Brunswick, mais aussi ailleurs, ne sont pas près d’oublier l’histoire et l’impuissance acadienne devant des décideurs majoritaires n’ayant que très peu sinon aucune considération pour le peuple acadien. En même temps que l’Acadie d’aujourd’hui s’affirme politiquement ou tente de reprendre ses droits pour asseoir son projet identitaire, d’autres processus ou forces politiques risquent de lui damer le pion ou en dénaturer la finalité.

Est-ce que la diaspora pose une réelle menace pour l’Acadie territoriale? Les craintes exprimées par certains sont-elles justifiées?

Bien qu’une saine méfiance soit de mise, les processus identitaires modernes font en sorte que l’Acadie territoriale ne devrait craindre l’Acadie de la diaspora.

Dénaturer la diaspora

Ce manque d’ouverture à l’égard de l’Acadie de la diaspora est même inquiétant. Certaines critiques, plus acerbes, portent en elles des germes d’intolérance ou des relents de nationalisme ethnique qui n’ont pas leur place au Canada. Qui plus est, il y a des raisons politiques ou stratégiques qui militent en faveur de la diaspora.

Certaines critiques de la diaspora la dénaturent ou lui prêtent des intentions qu’elle n’a pas. Les territorialistes ou les critiques de la diaspora interprètent, à tort, que l’identité généalogique, historique et folklorique de la diaspora est une identité collective. Il s’agit d’abord d’une identité individuelle hors territoire. Plusieurs individus découvrent leurs racines mais ne forment pas une identité collective ou une nation pour autant. Il n’y a presqu’aucune assise territoriale pour la diaspora. La territorialité des Acadiennes et des Acadiens de la diaspora se situe là où ils vivent, au Québec ou au Maine. La mère-partie est ailleurs.

Certains territorialistes pensent, aussi à tort, que le projet de la diaspora est politique. Ils n’aiment pas que l’on réduise l’Acadie à une image passéiste ou non politique qui neutralise son action collective. Il est vrai que les Québécoises, les Québécois ou les Cajuns, en découvrant leurs racines acadiennes, ont tendance à valoriser une histoire révolue ou romancée, bien que tragique. En choisissant le passé folklorique, au détriment de l’identité vécue actuellement, les Acadiennes et les Acadiens de la diaspora peuvent, par inadvertance, contribuer à banaliser les défis ou projets de l’Acadie territoriale.

Mais la fierté acadienne au Québec n’enlève rien à la réalité vécue en Acadie territoriale. Chacun des projets identitaires peuvent coexister avec les finalités qui leur sont propres. Bon nombre de ces Acadiennes et de ces Acadiens du Québec se disent solidaires de l’Acadie territoriale, veulent la connaître davantage et se cherchent un rôle pour contribuer à son épanouissement.

Le snobisme acadien

Il y a quelque chose de troublant dans la critique de la diaspora, surtout celle qui rejette catégoriquement toute définition généalogique ou extra-territoriale de l’Acadie. Il y a là un procédé d’exclusion à l’œuvre. On dit, à mot couvert ou même ouvertement : «Vous n’êtes pas des nôtres. Vous n’êtes pas de vraies Acadiennes et de vrais Acadiens.»

Ce raisonnement contient les germes de l’intolérance ou du rejet de l’autre. Certains disent ou pensent : il y a de bons Acadiennes et Acadiens politisés et d’autres assimilés parce que moins revendicateurs; il y a des Acadiennes et des Acadiens engagés parce qu’ils vivent au sein de l’Acadie territoriale et des faux qui se définissent par la généalogie. Parce que vous êtes des exilés, vous ne pouvez pas comprendre l’Acadie territoriale ou même être solidaires de ses combats, disent d’autres.

Bien sûr, il s’agit de généralisations mais cela est d’autant plus blessant et mesquin lorsque certaines Acadiennes et certains Acadiens refusent aux autres le droit de se définir comme Acadienne ou Acadien. Les détracteurs de la diaspora se basent sur un vague critère identitaire qui exclut le choix subjectif d’un individu de se définir comme il ou elle le veut.

Les recherches et théories présentent les façons objectives (critères factuels ou mesurables) et subjectives (qui dépendent de la volonté individuelle ou collective) de définir l’identité ou l’appartenance nationale. Certaines définitions, plus populaires, peuvent devenir objectivantes dès qu’elles assignent une identité à autrui en faisait fi de la liberté individuelle de choisir ou de définir son identité. De tels procédés sociaux peuvent conduire à des dérapages, à l’exclusion ou la marginalisation des individus ou groupes.

Rappelons que les identités culturelles et sociologiques sont multiples. Un homme habitant à Saint-Grégoire peut se définir comme féministe, écologiste, Québécois et Acadien en même temps. Une femme peut affirmer son identité professionnelle comme ingénieure tout en étant fière d’être une maman, végétarienne, bilingue, née au Manitoba et travaillant en Acadie de la Nouvelle-Écosse. De quelle autorité morale allons-nous empêcher aux gens de se définir comme Acadienne ou Acadien, simplement parce qu’elle n’est pas née ou qu’il ne vit plus en Atlantique? Un Acadien de la diaspora peut très bien être solidaire de l’Acadie territoriale à partir du Québec, de la Louisiane, de la Nouvelle-Angleterre ou d’ailleurs.

Crédit photo : Ricky G. Richard.

Quel avenir territorialiste?

Le territorialisme peut être réducteur. Selon une logique rigidement territorialiste, toute Acadienne et tout Acadien quittant les provinces atlantiques ferait dorénavant partie de la diaspora bien qu’il y soit né ou décide fermement de colporter son identité avec lui ou elle. Une foule de questions s’ensuivent.

Voudrait-on dire, par exemple, que tous les mémoires de maitrise ou thèses de doctorat déposés dans des universités ontariennes ou québécoises, bien qu’ayant l’Acadie comme objet, ne lui seraient pas favorables? Les universitaires ou chercheurs ayant fait carrière à l’extérieur de l’Acadie territoriale, comme J. Yvon Thériault ou Marc L. Johnson, n’auraient donc pas fait avancer le savoir ou les projets de développement de l’Acadie? Mathieu Wade, Stéphanie Chouinard ou Rémi Léger ont-t-ils cessé d’être Acadiennes et Acadiens dès qu’ils ont quitté l’Acadie territoriale?

Que dire des fonctionnaires fédéraux acadiens dans la région de la capitale nationale qui œuvrent au développement de l’Acadie par la mise en œuvre de divers programmes ou qui créent une association d’Acadiennes et d’Acadiens? Une logique strictement territorialiste arriverait-elle à nier l’incidence positive des causes défendues par ou des décisions juridiques de Michel Bastarache parce que la Cour suprême du Canada se situe en dehors de l’Acadie?

À quelle génération cesse-t-on d’être considéré comme Acadienne ou Acadien selon les territorialistes? Est-ce que tous les exilés sont perdus à jamais ou ce purgatoire est-il temporaire? Est-ce que mes enfants – Marguerite et Olivier, éduqués dans le réseau scolaire québécois – peuvent s’identifier à l’Acadie territoriale? Faisons-nous nécessairement partie de la diaspora? Sommes-nous moins Acadiennes et Acadiens parce que nous ne vivons pas en Atlantique? Et si une personne s’identifie fermement au projet de développement de l’Acadie territoriale, sur quelle base voudrait-on l’en exclure?

Conclusion

Il y a de ces fleurs, si communes dans nos patelins, dont on oublie parfois la beauté : les marguerites. Le débat actuel rappelle les jeux de gamines et gamins «m’aimes-tu, m’aimes-tu pas» ou bien «je t’aime, un peu, beaucoup, à la folie»

La marguerite représente l’Acadie entière dans toute sa diversité et beauté. Dans cette image, l’Acadie territoriale constitue le noyau ou la fleur centrale jaune alors que l’Acadie de la diaspora est représentée par les pétales blancs.

Il semble que les critiques de la diaspora défendent un projet qui consiste à vouloir arracher les pétales de la marguerite pour n’en garder que le noyau jaune.

Quelle beauté retient une marguerite sans pétales?

Quel avenir plus salutaire pour l’Acadie territoriale si l’on cherche à lui amputer sa diaspora?

À propos…

Ricky G. Richard, originaire de Haute-Aboujagane au Nouveau-Brunswick, est diplômé en science politique de l’Université de Moncton et l’Université Laval. Il a aussi étudié et enseigné en science politique à l’Université d’Ottawa. Il est fonctionnaire fédéral, ayant travaillé au Commissariat aux langues officielles du Canada pendant plus d’une décennie. Il réside à Québec mais revient fréquemment en Acadie auprès des siens. Twitter: @rickygrichard .

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6 réponses à “Pour une Marguerite acadienne – Ricky G. Richard

  1. Demystifying destructive Myths
    There are a lot of thoughts, impressions or opinions whose sole purpose is the dismantling of Acadian identity. Attacking their pride doesn’t work so myths become a tool par excellence to destroy them. One simple strategy used extensively is as old as the hills, so to speak, divide and conquer. The myth is that deported Acadians lost their identity and that the only Acadians today live in New Brunswick. These are totally absurd since all Acadians all over the world share exactly the same origins and historical heritage, although we now reside within many political entities. New Brunswick was brought into existence for the purpose of legitimizing the exploitation of its natural resources since it was annexed to the British economic system, it had nothing to do with supporting it’s Acadian population whatsoever, they were destined to disappear. Associating Acadian identity with politics or any contemporary political entities, such as provinces or countries, is redundant, stupid and ignorant, because Acadia is an ancestral homeland not a political entity. The idea that Acadians live only in New Brunswick automatically precludes Acadian identity to several millions living outside that province. Do they lose their identity upon deportation or when exactly does it happen. It happens when you lose your memory of origins. Fortunately one of the few things not taken from the surviving deportees was their memories which became very precious emotional baggage. That collective memory is the source of pride that sustains a people without a country. Acadians are in fact politically free from any establishment. They need no identity number or I D card at all to be Acadian, all they need to know is who they are, like I do. Ex; Je suis Andre fils de Antoinette, de William de Napoléon de Prosper de Germain de Joseph de Joseph de Germain de Germain de François du Poitou 1642.
    Acadia was subdivided politically and morphed into an ancestral homeland. The only way to deny me my ancestral heritage is to make it nonexistent. That is the reason of maintaining myths such as,” the Gaspe is part of Quebec therefore not part of Acadia”. I repeat Acadia is not a political entity and is geographically superimposed on today’s political establishments as an historical ancestral territory only. No one can dispute the legitimate border between Canada and Acadia as recognized by Samuel de Champlain, as being at Cape Desrosiers just north of Gaspe.

    La Petite seduction is really a golden opportunity to send a message to Quebec’s Acadian population. . Let us ask for the support of our Quebecois confrérés in supporting the only other Franco-American people within their ancestral homeland. To most of them it will be a discovery of their raison d’etre. That’s right they sometimes feel like a lost people until they discover their history, then the search begins. They are compelled to search for je ne sait quoi. If we can place the right messages, we will be able to attract hundreds of thousands of Acadians from all over the world. They will come slowly at first but will tell others, some will actually want to move back to Acadian territory to live and leave their ashes within their ancestral homeland.
    When speaking of La Petite Rochelle, make no references to contemporary politics such as Quebec or New Brunswick borders. The political division of Acadia should and does not transform the traditional boundaries of historical Acadian territory. I will not willingly renounce the integrity of all aspects of our Acadian historical heritage.

    La Petite Rochelle is the Alamo of Acadia

    La Petite Rochelle is a previous and separate historical entity from Atholville, which was almost completely forgotten at the expense of the ensuing local municipal incorporations. It is historically an important element of the successful Acadian resistance to deportation.
    Directly across from today’s Atholville was played out a crucial event during the 8 th of july 1760. After rescuing 62 prisoners from the Marquise de Malauze and setting it ablaze the Aggressors proceeded to burn all the Acadians boats within reach, but their attempts to disembark were thwarted repeatedly by hundreds of marksmen hidden in the woods who could deliver a wall of lead balls on command. If the enemy had achieved a landing it would have spelled the end of the Acadian presence in this area. As it were this small victory translated into the survival of over one thousand Acadian and Métis most of who had time to escape this dead end before the return of the English Major Elliot in November 1760. They hid in all the major rivers around the St Lawrence and the Bay des Chaleurs. So the myth that all the Acadians were deported is false, and our presence here today testifies to a successful resistance.

    Andre Gregoire heritage interpreter

  2. Is my pride in being Acadian somehow different than yours sir? Are those deported , no longer Acadian ? If so then Les Anglais were successful. in making them disappear. I am proud to say that I believe I share the renowned Acadian stubbornness, I will never relinquish my heartfelt identity because I am simply too proud of the successful struggle of my ancestors. We really are alive today because of them and their incredible struggle to survive against the most powerful military machine the world had known. The English oppressed all the other cultures of Canada, they exterminated some and assimilated many, but they did not all adopt the English worldview . You say I identify with the past, but I feel very much alive today. To deny my origins would be to deny my ancestors fight for survival. I love everything Acadian, from its beginning to now, without reservation. I am partly assimilated but I never lost my soul. I am not proud of confederations 150th , because of what the English did to virtually all the other cultures in Canada. I do not imagine Acadians as somehow a superior race, their is no such thing. We did not stop evolving because of the deportation. The seven years war was to the English, all about economic expansion, For the Acadians, it was all about the survival of their families. I am a survivor of genocide. Andre gregoire

  3. 28/06/2017
    Confederation is 150 years old, Canada has a much older birth date. In its founding or original form as a geopolitical entity, it was recognized as one of the three integral territories comprising New France, of which the two others were Acadia and Louisiana.

    I grew up in a thoroughly tricultural area of the Gaspésie, the upper estuary of the Restigouche River. I attended a bilingual school in Cross Point, and a trilingual school in Restigouche. Although I was labelled, tete quarre, peasouper, and frog, I really felt multicultural and harbored no prejudice. Having been born in this area, the three main cultural groups are obliged to live together through no fault of their own. As for my personal cultural origins, my father was a direct descendant of Francois Gregoire, a Surgeon who arrived in Canada in 1682 with the Mozelle regiment of the Marines, our Canadian born ancestor was delivered in 1685 at Pt-au-Trembles on Montreal island. My paternal grandmother was of Scottish ancestry, Marjorie Ferguson, which assured a somewhat bilingual tradition amongst her offspring. My mother is pure Acadian stock genetically and was very bilingual. I am not sure why I and my siblings were educated in English but I suspect it may have been the reality of better economic success for Anglophones at the time. I on the contrary sent my children to school in French because I reasoned that bilingualism was the way to go, and that English would come naturally to them. I was right, they have acquired a reasonable mastery of the French written word and language, especially grammar. In my view by not attending English school they were not thought, nor did they acquire, the English world view.
    The utopian view of Canada and Canadians as portrayed by some governments is commendable but false. Canada was a country for more than 150 years, which is in fact the anniversary of Confederation. Of all the different cultures that make up the Canadian mosaic, one has been historically predominantly oppressive towards the rest, the English, along with some Scottish collaborators. This fact is simply not mentioned in the historical version of the conquerors, as Napoleon had suggested. The official English and American view was that they were rescuing the Canadiens from the despicable French Papists, when in fact they were involved in an armed economic expansion. After the British conquest Canada evolved within the sphere of London banks. The only way that the seven years’ war can be classed as a cultural conflict, is that for most peoples involved, it was a struggle for survival, not riches. That struggle continues to this day because of the capitalistic system imposed on us by the establishment. It is a system that is wholly based on personal profit at literally any cost to the environment and its peoples.
    The struggle today is, and always was, between profiteers and survivalists, and we are convinced that there is no other viable system possible. (Iceland recently proved this theory to be false, they arrested all the Vandenberg’s) We are still burdened with a system imposed on us for specific economic purposes without regard for human rights. Our federal government is giving huge subventions in taxpayer’s dollars to the petroleum industry’s bank accounts, which is destroying the environment big time. We could be leaders in survival rather than slaves for profiteers.
    I realize I will be criticized for these radical views of what is hidden amongst us, but Canada is an idea of perfection amidst controversy. Imbedded within the establishment that was imposed on North America, is a host of a cancerous nature, it is called “English”. To the many peoples or cultures who were exterminated or severely aggressed by this supposed “Superior race” The word, “English” is equal to the word “Nazi”. By the imposition of their language upon the survivors of militarily conquered peoples, they camouflage themselves perfectly. Its insidiousness is supported by the idea that if a person speaks and lives with the English language, they automatically adopt the English world view, which is a severe superiority complex. Does a person automatically lose their personal historical heritage when forced to speak English? When I refer to the English, I am not referring to the descendants of German, Irish, Scot, Acadian, French, or any other people who were used to populate and control conquered territories, for purely economic reasons, that is, for personal profit.
    Canada is like a coral reef where a newly introduced species of coral has historically suppressed all the others to become a dominant species. What exactly are we to be so proud of? Is it what it is now, or was it what was meted out to the majority of the native and other cultures by the English. Brown, a father of confederation believed the purpose of confederation was to unite and Anglicize, which really meant the de-Francization of French Canadians, the only genuine Canadians at the time. History demonstrates that the name Canadian was usurped from the original people using that name, the French Canadians who subsequently renamed themselves Quebecois to remain visible within this new multicultural society called Canada. My mother’s people, on the other hand, lost their physical belongings but not their name. Acadians may have lost their territory to the economic juggernaut imposed on them, but it only served to reinforce their pride and identity. Fully 74%of Quebecers share Acadian ancestry, as well as the other five million worldwide. One of the main reasons Acadian identity is still, intact is the fact that no one usurped their name. Pride sustains their belief in themselves as a people who were wronged by a well-known aggressor, and survived.
    Andre Gregoire

  4. 2017/06/30
    Att; S H M
    If the preservation of Acadian historical heritage is important the effort must begin at its foundation which is the integrity of its historical territory.

    ACADIA
    In the beginning it was a name (Arcadia) applied to a part of North East American territory explored by Verrazano. This contention is hotly disputed by Amerindian linguists who point out the fact that many place names in Migamagi contain the suffix ‘acadie’ in some form. Some examples are Shubenacadie, Tracadie, Tracadieche, Passamaquoddy,ect,. It apparently refers to a place of human habitation or village. Town, ect. Similar in meaning to the Iroquois word for village ‘Kanata’ interpreted as Canada.
    Regardless of its origin the territory referred to as Acadia was officially mapped by the most capable cartographer of eastern North America, Samuel de Champlain. The current practice of claiming and dividing territories by claiming entire watersheds was applied here. The border between Canada and Acadia is fixed at Cap Desrosiers just north of Gaspé. It coincided with the Territories of the Northeast Algonquian peoples who inhabited this region, its coastline extended from the Kennebeck River northward to Cap Desrosiers.
    The current practice of simply considering the Gaspésie to have always been part of Canada or the province of Quebec is false. I consider this to be a direct attack on the very foundation of Acadian Heritage. Too many people are not aware of these seemingly unimportant details that slowly undermine and erode Acadian identity by simple omission. Acadian identity is strongly based on their collective memory and the pride generated in the knowledge of their ancestor’s experiences: their heroic history is my heritage.
    22/05/15 Andre Gregoire
    Demystifying destructive Myths
    There are a lot of thoughts, impressions or opinions whose sole purpose is the dismantling of Acadian identity. Attacking their pride doesn’t work so myths become a tool par excellence to destroy them. One simple strategy used extensively is as old as the hills, so to speak, divide and conquer. The myth is that deported Acadians lost their identity and that the only Acadians today live in New Brunswick. These are totally absurd since all Acadians all over the world share exactly the same origins and historical heritage, although we now reside within many political entities. New Brunswick was brought into existence for the purpose of legitimizing the exploitation of its natural resources since it was annexed to the British economic system, it had nothing to do with supporting it’s Acadian population whatsoever, they were destined to disappear. Associating Acadian identity with politics or any contemporary political entities, such as provinces or countries, is redundant, stupid and ignorant, because Acadia is an ancestral homeland not a political entity. The idea that Acadians live only in New Brunswick automatically precludes Acadian identity to several millions living outside that province. Do they lose their identity upon deportation or when exactly does it happen. It happens when you lose your memory of origins. Fortunately one of the few things not taken from the surviving deportees was their memories which became very precious emotional baggage. That collective memory is the source of pride that sustains a people without a country. Acadians are in fact politically free from any establishment. They need no identity number or I D card at all to be Acadian, all they need to know is who they are, like I do. Ex; Je suis Andre fils de Antoinette, de William de Napoléon de Prosper de Germain de Joseph de Joseph de Germain de Germain de François du Poitou 1642.
    Acadia was subdivided politically and morphed into an ancestral homeland. The only way to deny me my ancestral heritage is to make it nonexistent. That is the reason of maintaining myths such as,” the Gaspe is part of Quebec therefore not part of Acadia”. I repeat Acadia is not a political entity and is geographically superimposed on today’s political establishments as an historical ancestral territory only. No one can dispute the legitimate border between Canada and Acadia as recognized by Samuel de Champlain, as being at Cape Desrosiers just north of Gaspe.

    La Petite seduction is really a golden opportunity to send a message to Quebec’s Acadian population. . Let us ask for the support of our Quebecois confrérés in supporting the only other Franco-American people within their ancestral homeland. To most of them it will be a discovery of their raison d’etre. That’s right they sometimes feel like a lost people until they discover their history, then the search begins. They are compelled to search for je ne sait quoi. If we can place the right messages, we will be able to attract hundreds of thousands of Acadians from all over the world. They will come slowly at first but will tell others, some will actually want to move back to Acadian territory to live and leave their ashes within their ancestral homeland.
    When speaking of La Petite Rochelle, make no references to contemporary politics such as Quebec or New Brunswick borders. The political division of Acadia should and does not transform the traditional boundaries of historical Acadian territory. I will not willingly renounce the integrity of all aspects of our Acadian historical heritage.

    La Petite Rochelle is the Alamo of Acadia

    La Petite Rochelle is a previous and separate historical entity from Atholville, which was almost completely forgotten at the expense of the ensuing local municipal incorporations. It is historically an important element of the successful Acadian resistance to deportation.
    Directly across from today’s Atholville was played out a crucial event during the 8 th of july 1760. After rescuing 62 prisoners from the Marquise de Malauze and setting it ablaze the Aggressors proceeded to burn all the Acadians boats within reach, but their attempts to disembark were thwarted repeatedly by hundreds of marksmen hidden in the woods who could deliver a wall of lead balls on command. If the enemy had achieved a landing it would have spelled the end of the Acadian presence in this area. As it were this small victory translated into the survival of over one thousand Acadian and Métis most of who had time to escape this dead end before the return of the English Major Elliot in November 1760. They hid in all the major rivers around the St Lawrence and the Bay des Chaleurs. So the myth that all the Acadians were deported is false, and our presence here today testifies to a successful resistance.

    Andre Gregoire heritage interpreter

    The Soul of Acadia
    Resides within those who know who they are, where they came from, and how they got there. These were the words of an elderly lady from New Zeeland whom I mistook for an Australian. These words enabled me to understand for the first time what Acadian identity was all about. I can tell you I sensed no shame in her voice but rather a sense of much pride. What was the source of that identity sustaining pride?
    Most Catholic Acadians consider their ancestors who perished during the deportation (about 50%) to be martyrs and thus Saints, since it was the refusal to abandon their religion that caused their deaths. Knowledgeable Acadians feel that those of their ancestors who survived the deportation which was in fact a severe military aggression by the most powerful military superpower of the time can only be recognized as heroes.
    How does one abandon an identity with such formidable criteria? Why would they want to, other than for survival? The flame that is kindled in the heart of those who discover their Acadian historical heritage is inextinguishable. It can flare up even after several generations in limbo. The pride stems from the fact that the struggle for survival in which their ancestors were involved was inspired by the love and dedication they had for their families. We are truly here because of their struggle not because of anyone’s charity.
    Acadian identity is not based on political control or geography. Neither is it based on anyone’s opinion. They are free to abandon their historical heritage at any time and pay no taxes to then be told what to do or where to go. They live as all humans do, as products of their environments no matter where that might be.
    My Acadia can only be attacked or defended with words, and I am ready and looking foreword to the challenge.

    Andre Gregoire fils de Marie Antoinette Savoie, de Willé, de Napoléon, de Prosper, de Germain, de Joseph, de Germain, de Germain, de François, de Poitou en 1642.

    A Complicated Identity

    My personal experience when acquiring a heartfelt connection with My Acadian identity was profound. It was while studying the historical heritage of the Acadian people that I developed a sense of increasing pride in their incredible and ongoing struggle for the most important element of life itself, “Survival.” Cast aside by the rush of British Armed economic expansion, they live on today as a fragmented but not divided people. Losing their ancestral homeland was a severe kick in the ass that still smarts in the descendants of the survivors of a calamity. The Acadian survivors had lost everything except their collective memories and their names, contrary to the Canadiens, who lost their name to the newcomers. They recently (70s) chose the appellation Quebecois, to remain visible as an entity within Canada. Acadians have no need to reidentify or rename themselves, and they know who they are and how they got to where they are. They are classed as ultimate survivalists.
    Todays Acadians rely on the knowledge of their common historical heritage to survive as a people. They reside in widely separated communities but easily retain a strong sense of commonality. One elderly lady from New Zeeland told me she was an Acadian and that she knew where her family came from and how they got to New Zeeland. Obviously Acadian identity is not based on many contemporary elements such as locality or even acquired culture, since humans tend to evolve culturally as part of their local environments. Acadian historical heritage contains all of the important common elements of their identity, such as origins, ancestral culture, genetics, etc. Every Acadian seems to have their opinion on what constitutes their identity, which stems from a need to know, and belong. All and every element of one’s identity becomes valuable cultural baggage to a people who lost everything that their ancestors worked for. Certain contemporary elements of identity are simply not applicable or necessary for the surviving Acadian population. We are members of a disenfranchised people, no longer under any political control, we pay no taxes to remember. We need no army to defend our ancestral territory which we love dearly. We are no longer trapped in one small corner of the planet, we have expanded as a worthy people. Acadians had traditionally seen the world as a living space while their oppressors saw it as a business venture.
    Is an Acadian world view as survivalists of capitalism legitimate.?
    Andre Gregoire

  5. Une identité, n’est-ce pas quelque chose d’actif? Moi, une identité passive, je ne vois pas ce que ça veut dire. Dans cette optique, une personne née et habitant à Ottawa, de parents Acadiens, ne fait pas partie d’une Acadie territoriale (on n’est peut-être pas tous d’accord sur les frontières de cette dernière, mais j’ose croire qu’on s’entend qu’elle n’inclut pas Ottawa). Son « identité acadienne » n’est que passive, un résidus de l’identité de ses parents.

    Pour être Acadien.ne, il me semble qu’on doive contribuer à faire vivre l’Acadie territoriale, non? La définition génétique d’un.e Acadien.ne me déplaît énormément. C’est pas parce que papa et/ou maman ont grandi à Caraquet/St-Quentin/Shédiac que t’es forcément Acadien.ne toi-même. L’Acadie territoriale, ça fait longtemps qu’on tourne autour. Est-ce que ça ne serait pas l’ensemble des endroits où il y a quelque chose qui se passe en français dans les provinces de l’Atlantique?

    Tu écris « Un Acadien de la diaspora peut très bien être solidaire de l’Acadie territoriale à partir du Québec, de la Louisiane, de la Nouvelle-Angleterre ou d’ailleurs. » Bien sûr, les diasporeux (un p’tit néologisme? :p ) peuvent totalement être solidaires. Mais je vois tout de même une différence entre « Acadien.ne » et « de descendance acadienne ». Avoir des racines en Acadie, c’est bien beau, mais ça ne met pas automatiquement une personne en relation avec la société acadienne – en tout cas, pas activement. Moi, je suis de descendance française. Mais ça ne fait pas de moi un Français. Parce que la France, je n’y contribue pas activement.

    Je trouve important qu’on tende les bras aux gens de partout qui sentent un quelconque attachement à l’Acadie. Mais je ne suis pas convaincu que nos projets de société progresseront mieux si tout le monde peut porter l’étiquette « Acadien.ne ». Ce n’est pas de l’élitisme, c’est du réalisme. Il faut rêver à nos Acadies, mais il faut surtout travailler à les réaliser concrètement. Ensemble. Ici…

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