Lorsque la France et la Nouvelle-Écosse se marient le temps d’un album – Justin Frenette

Mary Beth Carty. Les biens-nommés [CD], s. l., Mary Beth Carty, 14 février 2017.

D’abord connue comme la voix féminine du duo Bette & Wallet ainsi que comme guitariste de divers groupes de musique celtique, l’artiste néo-écossaise Mary Beth Carty débutait, en février dernier, une carrière solo en lançant son premier album, Les biens-nommés. Pour la grande majorité de l’œuvre, Mary Beth opte pour des textes dans la langue de Molière en conservant son style musical mélangeant le folklorique, le celtique et le jazz manouche, qu’elle exprime principalement avec l’accordéon mais parfois avec la guitare.

C’est sans attente que je me suis mis à l’écoute de l’album, ne connaissant pas l’artiste d’avance. Drôle de coïncidence : lors de ma première écoute, le ciel est soudainement passé d’ensoleillé à très gris, changement de température suivi d’une averse violente mais brève. Ce contraste intéressant renvoyait en quelque sorte à la musique de l’artiste : des instruments au son chaleureux mais jouant presque exclusivement dans le registre mineur. Une vibe parisienne marquée par un accent néo-écossais. Une voix enjouée alors que son violoniste s’aventure parfois brièvement dans la dissonance. Ces délicieux contrastes marquent le son de presque tout l’album, ce qui en fait une écoute très aisée (ou non, dépendant de votre affinité pour le style musical de Django Reinhardt) mais sans grande surprise, mis à part quelques moments tels que les changements de rythme et de temps entre les couplets et le refrain dans la chanson «Henri» ainsi que la brève mais fortement agréable descente chromatique vers le milieu de la pièce instrumentale «Jules». On remarque également une influence celtique dans plusieurs pièces, cette saveur prenant fortement l’avant de la dernière pièce de l’album, «Malvina», finissant donc l’expérience musicale sur une note plus joviale.

Crédit photo : Danny Polson.

Comme on peut le deviner en regardant la liste des chansons, intitulées pour la plupart d’après des prénoms masculins – d’où le titre de l’album, Les biens nommés –, la majorité des textes portent sur l’amour, vu sous différents angles : l’amour raté avec «Yvon», l’amour fragile avec «Anthony», et l’amour insensé avec «Felix», pour ne citer que quelques exemples. Si l’artiste raconte ces histoires sous un ton plus sérieux avec certains textes, elle utilise très habilement l’humour pour alléger l’ambiance dans plusieurs de ceux-ci, comme dans la chanson «Thomas» où l’artiste supplie son interlocuteur de ne pas «scrapper» son foie.

En gros, Les biens nommés est un album charmant et léger, quoiqu’un peu redondant, qui se prête à merveille à une promenade lors d’une belle journée d’été ou à un après-midi passé à siroter un latte dans un petit café. Il s’agit sans aucun doute d’un excellent début de carrière solo pour une artiste ne cessant de faire ses preuves dans le monde du folk maritime.

Ma cote: 7.5/10.

Coup de cœur de l’album: «Malvina».

À propos…

Justin Frenette est un étudiant finissant présentement son baccalauréat en psychologie avec mineure en études françaises et désirant poursuivre ses études en orthophonie. Passionné de musique de tout genre mais surtout du type qui fait peur aux matantes, il raffole également de toutes sciences humaines, d’humour satirique, de linguistique et de bons vieux films de Kubrick. Vous risquez également de le croiser en vélo, mais lui ne vous verra pas (c’est pas personnel).

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