Et si on voyait grand – Kevin Arseneau

Nous publions aujourd’hui le discours du nouveau président de la Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick (SANB), Kevin Arseneau, qui a été élu le 23 octobre dernier.

Au lieu d’énumérer des dignitaires et distingués invités, j’aimerais prendre un moment pour reconnaitre que nous sommes aujourd’hui réunis sur des terres non-cédées du peuple autochtone Mi’kmaq, sans qui une discussion sur le futur du peuple acadien n’existerait probablement pas.

Chères Acadiennes, chers Acadiens, bonjour.

Ça me fait un grand plaisir d’être parmi vous, et de vous faire part des grandes lignes de ma vision pour l’Acadie, et ensuite la SANB. Je dis l’Acadie d’abord, parce que selon moi, la SANB est avant tout un organisme politique pour notre peuple, et non uniquement un organisme de défense.

La SANB doit passer à l’Action, plutôt que de rester dans cette position confortable, sans risque, moins controversée qu’est la défensive. Défendre des acquis, ça dérange moins. Ça ne divise pas tant. C’est un travail essentiel, souvent mieux réalisé par des organismes spécialisés d’ailleurs. Passer à l’offensive nous permet d’aller au-delà de la concertation. Ça veut dire proposer, ça veut dire mobiliser, ça veut dire déranger.

La SANB a un mandat généraliste qui inclut, mais ne devrait pas se restreindre à la lutte pour nos droits linguistiques. L’avenir de l’Acadie passe nécessairement par une prise en charge politique, et ça, ça demande un contrôle de notre économie, une prise en charge démocratique de notre territoire par la pleine municipalisation, d’un progrès en démographie, en immigration. Le respect de l’environnement acadien, la revitalisation de notre ruralité, et tellement plus.

Vous allez me dire, Kevin, c’est bien trop de chantiers, c’est trop grand, on va s’éparpiller. On ne sera pas capable.

À ça je réponds… Pourquoi la SANB ne serait-elle pas capable de voir grand, si les Acadiens, eux, ne manquent pas d’ambition? Chers membres, la SANB a trop longtemps souffert de myopie, je lui prescris des lunettes.

Lorsque l’on voit clair, c’est tellement plus facile de se donner les moyens, d’engager nos membres, de motiver notre population, de mener nos luttes avec nos alliés.

Marie-Esther Robichaud n’avait que quelques dictionnaires et encyclopédies achetées avec son propre salaire, faute de budget au district scolaire, pour mettre en œuvre des initiatives d’alphabétisation et la mise en valeur des arts et de la culture.

Camille Lefebvre n’avait que sa foi, des deux par quatre et une poignée de fidèles de Memramcook pour créer la première institution d’éducation postsecondaire en Acadie. Son collège, il l’a bâti!

Martin J. Légère et Livain Chiasson n’avaient que les cennes des pêcheurs, fermiers et ouvriers se remettant de la grande dépression, lorsqu’ils ont mis sur pied les premières Caisses populaires.

Venez pas me dire qu’en 2016, on n’a pas les moyens de voir grand! C’est faire honte aux bâtisseurs d’hier, c’est abandonner les architectes de demain.

Mes amis, l’audace prend tout son sens lorsqu’elle est armée d’une mission.

L’audace passe par la modernisation de notre organisme, non seulement au niveau des communications, du fonctionnement ou de ses relations avec les autres organismes, mais aussi au niveau de l’action citoyenne. Il est temps de parler de campagnes mobilisatrices, de recrutement, de bases de données, de recherche, de nouveaux membres. C’est le temps de bâtir. Et ça va en prendre, des bras et des têtes.

Si vous votez pour moi, c’est pour des idées, une vision. Mais pas la vision d’un seul. La nôtre, celle qu’on veut se donner. La SANB passera de la défensive à la prospective.

Si vous votez pour moi, ce n’est pas pour ma chemise carreautée, mon sourire, mon âge, mes photos Facebook avec ma magnifique Rébeka et mon petit Hugo…ou pire…mes carottes qui n’ont jamais poussé croches.

En votant pour moi, c’est un peu comme se faire un nouveau contrat social acadien. Ensemble, donnons-nous une SANB qui n’aura pas peur des rêves qu’elle fera naitre dans les cœurs des Acadiennes et des Acadiens.

Merci.

À propos…

arseneau-kevin

D’abord et avant tout, Kevin Arseneau se définit comme un paysan au parcours atypique. Il est copropriétaire de la Ferme Terre Partagée à la Pleasant Ridge, avec sa conjointe, Rébeka Frazer-Chiasson, et son beau-père, Jean-Eudes Chiasson, où on cultive des légumes et des fraises biologiques et on élève de la volaille, du porc et du bœuf à petite échelle. Ayant obtenu son B.A.-B.Éd. en géographie à l’Université de Moncton, il travaille à l’implantation d’un projet pilote de philosophie pour enfants de la maternelle à la 3e année et d’un projet d’éducation alternative à la ferme pour des jeunes éprouvant des difficultés scolaires à l’École W.F. Boisvert et l’École secondaire Assomption de Rogersville. Connu dans le monde artistique comme conteur, président du DSL de Rogersville, membre du conseil d’administration de la coopérative de Rogersville et passionné de l’Acadie rurale, Kevin a été élu à la présidence de la Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick (SANB) le 23 octobre dernier.

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