Et si travailler devenait un choix? – Gilbert McLaughlin

En ce moment, le gouvernement du Nouveau-Brunswick tente de sensibiliser la population à l’austérité. Je désire profiter de l’occasion pour alimenter le débat et explorer une alternative qui gagne en popularité dans le monde : le revenu universel de base.

Qu’est-ce que le revenu universel?

Présenté parfois sous l’appellation de revenu de base, de revenu inconditionnel, ou d’allocation universelle, le revenu universel est une politique financière qui consiste principalement en «un revenu distribué de manière inconditionnelle à l’ensemble des citoyens, chômeur volontaire ou involontaire, travailleur à temps plein ou à temps partiel et cumulable avec d’autres revenus».

L’idée n’est pas nouvelle, mais elle fait actuellement l’objet de plusieurs textes d’actualité. En effet, pour une première fois à l’échelle nationale, un tel programme est adopté par le gouvernement finlandais. Ainsi, dès 2017, tous les adultes recevront un salaire mensuel de 800 euros par mois (1200 $ CA)!

D’autres villes suivent le mouvement, comme celle d’Utrecht et quelques-unes des Pays-Bas. Par exemple, tous les résidents d’Utrecht reçoivent, depuis janvier 2016, une allocation d’environs 900 euros par mois pour un adulte et 1 300 euros pour un couple, et ce, qu’ils travaillent ou non.

Plus près de nous, au Canada, une expérience s’est déroulée de 1974 à 1979 dans les villes de Dauphin et de Winnipeg. Le programme, connu comme étant le Mincome, était financé par le gouvernement fédéral et par le gouvernement du Manitoba. La ville de Kingston en Ontario qui deviendra la première ville à supporter le revenu de base à ses habitants auprès du gouvernement!

Quels sont les bénéfices à long terme?

Selon certains chercheurs, l’expérience est généralement bénéfique. Dans les cas canadiens, les recherches démontrent que, contrairement à la croyance populaire, les gens ayant accès au revenu universel n’ont pas moins travaillé dans l’ensemble. Au contraire, les étudiants ont mieux réussi, le crime a diminué et la santé de la population s’est améliorée.

Il y a aussi des bénéfices sociaux indirects. Par exemple, ce programme permet aux gens de choisir leur travail et de ne plus subir des situations abusives de la part de leurs employeurs, ou d’accepter n’importe quel emploi simplement par peur de ne pas avoir les ressources minimales pour se nourrir et se loger.

Il permet aussi aux femmes et aux hommes de diminuer leurs dépendances financières envers leurs conjoints et de faciliter le départ dans des situations de violence domestique physique, psychologique ou financière.

Le revenu de base permet aux parents en situation monoparentale de subvenir aux besoins de leur famille en situation précaire. Le programme permet aussi à des gens de prendre une pause et de financer eux-mêmes les soins requis pour traiter leurs problèmes de santé ou de dépendance.

Est-ce qu’il s’agit d’un programme viable dans notre pays?

En améliorant la santé des gens et en diminuant la criminalité, les coûts de certains services offerts par nos gouvernements vont obligatoirement baisser. De plus, plusieurs dépenses administratives associées à d’autres programmes, comme l’assurance emploi et l’aide sociale par exemple, vont disparaitre. Sans oublier l’élimination des cas de fraude qui existent dans les systèmes actuels d’allocation par cas.

Il ne s’agira plus de décider qui a le droit à combien au nom de quoi. Chacun recevra un montant égal et décent. Des gens pourront choisir librement de vaquer leurs occupations. Ils pourront travailler, aider les plus démunis, s’occuper d’un proche malade ou souffrant d’un handicap, retourner aux études et j’en passe. Un tel programme permettrait indirectement à l’État de se libérer de certaines charges.

Le Québec emprunte actuellement la voie inverse avec la Loi 70 qui coupe une partie de l’aide sociale à ceux qui refusent un emploi convenable. Au Royaume-Uni, une attitude similaire engendre une augmentation du taux de suicide (il y a, en moyenne, 80 décès par mois).

Pour un revenu universel au Canada, au Nouveau-Brunswick et en Acadie!

À l’heure actuelle, l’idée d’un revenu universel reçoit l’appui de 46 % des Canadiens.

Dans les localités ou l’emploi est relativement rare, souvent saisonnier, l’idée d’un revenu universel permettrait de souder la communauté en améliorant la solidarité et en diminuant l’exode. De plus, le programme aiderait les petites et les moyennes entreprises en accordant un salaire aux nouveaux entrepreneurs qui souhaitent se lancer en affaire.

Cela étant dit, pourquoi ne pas pousser, nous aussi, notre pays, notre province et même nos municipalités à s’inspirer des expériences du revenu de base?

À propos…

gilber3Gilbert McLaughlin est un fier acadien originaire de Tracadie-Sheila au Nouveau-Brunswick.  Passionné de politique et membre d’Astheure, il est présentement étudiant à Ottawa. Twitter : https://twitter.com/Gilbert_mcl .

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3 réponses à “Et si travailler devenait un choix? – Gilbert McLaughlin

  1. Plusieurs questions me viennent à l’esprit en lisant ce texte. N’est-ce pas un peu le même système qui est déjà en place pour les réserves indiennes? L’argent proviendrait d’où au juste pour offrir un salaire garantis comme ça et surtout qu’est-ce qui motiverait les gens à travailler?

    • Je n’en ai aucune idée pour les autochtones. Pour les mesures fiscales, c’est à voir. En Finlande, ils ont adopté plusieurs petites mesures fiscales et l’abolition de certains programmes sociaux (AE, l’aide sociale, etc.). C’est à voir s’ils vont augmenter ou non les impôts et les taxes.

      Mais pour la motivation au travail… Plusieurs petites expériences tendent à montrer que non, mais on va réellement le savoir l’année prochaine avec l’expérience de la Finlande.

      C’est donc à voir.

      • J’aime l’idée mais c’est certain qu’on devrait s’habituer à des standards de vie un peu moins élevés et surtout à revoir la définition du mot travailler. Un mot qui à toujours eu une connotation négative dans ma tête qui dans biens des cas équivaut presque à une sentence à vie avec une mise en liberté à l’âge de 65 ans.

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