Administration de l’Université de Moncton : un stew à brasser au plus sacrant – Rémi Frenette

Le vendredi 14 juin, le Conseil des gouverneurs (CdG) de l’Université de Moncton (UdeM) se prononçait sur le plus récent livre de Serge Rousselle, Pris en Flagrant Délit. Véritable bombe médiatique, cet ouvrage fait la lumière sur la nomination controversée de Marie-Linda Lord au poste de vice-rectrice aux affaires étudiantes et internationales (VRAEI) en avril 2011. L’histoire est aussi troublante qu’intéressante, surtout à la lumière d’autres événements survenus la semaine dernière impliquant la Fédération des étudiants et étudiantes du Centre universitaire de Moncton (FÉÉCUM), le CdG et le VRAEI. Ça en fait beaucoup à jaser, alors allons-y.

Dans son communiqué du 14 juin, le CdG reconnaît « que le processus qui a mené à la nomination de [Marie-Linda Lord au VRAEI] n’a pas fait l’objet d’un consensus au sein de la communauté universitaire ». OK. Qu’est-ce qu’on fait? Le CdG propose de « tourner la page sur cet épisode et nous unir pour affronter les défis et saisir les occasions qui se présentent à nous pour bâtir ensemble l’Université de demain […] À l’aube du 19 juin, 50e anniversaire de l’Université de Moncton, nous nous devons bien sûr de célébrer le chemin parcouru ensemble, mais nous devons tourner notre regard vers l’avenir. »

D’emblée, on réduit la controverse à une question de « consensus ». Soyons francs. Il faudrait plutôt parler de bris et de manipulation de lois et de principes fondamentaux au bon fonctionnement démocratique de toute université qui se respecte. Ensuite, oublions tout, laissons les accusés en toute impunité puis, cerise sur le sundae, unissons-nous, fonçons vers l’avenir main dans la main.

Il est intéressant de noter comment Marie-Linda Lord, sous les projecteurs la semaine dernière, s’empressait de reprendre un message doublement similaire pour répondre à une autre controverse. D’une part, à la manière du CdG, elle nie de sérieuses accusations en les réduisant à un « malentendu ». D’autre part, comme le CdG, elle souligne aussitôt à quel point il est important que les étudiants et l’administration continuent de travailler ensemble. Je reviendrai sous peu sur cette histoire.

Superbe stratégie de relation publique! Ou devrait-on parler de gestion de crise? En tout cas, c’est concordant. Un discours qui a l’avantage de faire passer les étudiants indignés comme refusant de vouloir « bâtir ensemble l’Université de demain ». À l’entendre parler, on croirait que l’administration veut (re) devenir chummy-chummy avec ses vaches à lait. Les grands feraient ainsi preuve de maturité en proposant d’arrêter la chicane. Visiblement, l’administration est déjà nostalgique des belles années du lobbying bon-ententiste.

Le problème avec les réactions que je viens d’exposer c’est qu’elles proposent d’enterrer les débats au lieu de les confronter. Pourtant, ce n’est que dans le débat honnête et la confrontation saine et transparente des positions que peuvent jaillir les étincelles nécessaires à la naissance et l’évolution d’idées nouvelles. Alors même que la communauté universitaire réclame plus de justice et de transparence, l’administration garde le cap sur une direction plutôt obscurantiste. C’est louche, malsain et arriéré. Soit on n’a pas la même définition de « transparence », soit on essaye délibérément d’esquiver les situations compromettantes en nous prenant pour des caves.

En plein cœur d’une controverse comme celle révélée au grand jour dans Pris en flagrant délit, seuls ceux qui ont quelque chose à cacher s’empresseront de vouloir tourner la page. L’administration semble consciente que certains de ses joueurs perdraient la face (et peut-être leur poste) si on fouillait ses tiroirs secrets, dignes héritiers d’une culture patenteuse. L’atmosphère du secret qui entoure Taillon est de plus en plus dénoncée et contestée. Je m’en réjouis.

Bon. Ça fait qu’avant d’avaler leurs messages, nous avons intérêt à rappeler quelques événements qui soulèvent des problèmes inhérents à l’administration de l’UdeM, dans son fonctionnement, ses valeurs, ses prises de position et sa culture de travail.

Premièrement, le CdG a refusé de tendre la main aux étudiants lorsqu’ils se sont présentés indignés et en colère à la suite du vote pour une nouvelle hausse des frais de scolarité de 149 $ pour les étudiants canadiens et de 999 $ pour les étudiants internationaux. Ils nous ont dit d’aller à Fredericton. Ils nous ont priés de les laisser tranquilles parce qu’ils voulaient finir leur réunion et s’en aller chez eux. Sachant qu’on arrivait à 14 h, ils ont modifié l’ordre du jour pour voter la hausse le matin au lieu de l’après-midi. Ils nous ont entendus, aucun doute là-dessus. Mais ont-ils écouté? Ont-ils compris? Rien pour l’instant ne laisse croire à l’affirmative. Les étudiants auraient donc raison de remettre en question la bonne foi et la transparence du CdG quand celui-ci leur tend la main en les invitant à oublier les bobos irrésolus du passé.

Pire encore, une partie du « coaching » du président de la FÉÉCUM l’incitait à faire attention à la façon dont il se prononçait dans les médias pour ne pas ternir l’image de l’université et ne pas nuire à sa future carrière. Le 11 juin 2013, Kevin Arseneau dénonçait ce qu’il considère comme une forme d’intimidation. Dans ce reportage, on apprend que d’autres communications venant du bureau du VRAEI auraient voulu faire croire à Kevin que son vice-président exécutif, Simon Ouellette, convoitait la présidence.

Troublant, mais ça ne s’arrête pas là. Le 11 juin au soir, peu après le Téléjournal Acadie, Kevin m’informait que Marie-Linda Lord l’avait appelé en après-midi. Avant de répondre publiquement, elle voulait savoir ce que le président avait dit aux médias, ce que Kevin affirme lui avoir divulgué en toute clarté. Elle lui aurait alors « dit comment cette affaire serait une dure épreuve pour elle ». Kevin aurait réitéré qu’il n’avait pas apprécié les commentaires jugés intimidants, qu’il n’avait dit que la vérité et qu’il agissait suivant des principes et des valeurs qu’il « refuse de mettre de côté ». Puis, toujours selon Kevin, « sur un ton élevé, elle me dit qu’elle ne pouvait pas croire que j’avais dans mes valeurs de dire de pareilles choses d’une femme qui travaille aussi fort pour les étudiantes et les étudiants. La conversation s’est terminée sur ce même ton élevé. » N’est-ce pas le comble de l’ironie? Kevin qui dénonce des pratiques jugées intimidantes, puis la personne en cause qui l’appelle pour déplorer sa transparence et le faire « guilt-tripper »? De cette histoire, retenons des communications malsaines venant du VRAEI envers la FÉÉCUM. La libre expression et la transparence sont clairement mises à l’épreuve, dans un milieu universitaire de surcroît, ce qui est encore plus choquant, voire carrément inacceptable.

L’attitude douteuse des hauts dirigeants de l’UdeM s’est manifestée autrement la semaine dernière lorsque le gouverneur Louis Léger s’en est pris publiquement au président de la FÉÉCUM par voie de publication Facebook. Un commentaire déplacé, diffamatoire, loin d’être à la hauteur de la dignité et du professionnalisme auquel on s’attend de la part d’un gouverneur. C’est une honte et une aberration. Peut-être M. Léger aurait-il dû consulter la VRAEI, experte en communications, qui lui aurait sûrement dit qu’une telle sortie publique pouvait nuire à l’image de l’université et à sa carrière. Enfin, pour un CdG qui souhaite supposément faire front commun avec les étudiants, il me semble que de chier sur leur président au lieu d’applaudir son courage, ça commence à sentir la mauvaise foi.

Rappelons enfin que Me André Richard, encore aujourd’hui président du CdG, était un allié d’Yvon Fontaine, ancien recteur de l’UdeM, dans le scandale de 2011 entourant la nomination au VRAEI. D’après un segment de Pris en flagrant délit repris par l’Acadie Nouvelle, « Le recteur n’aurait pas pu arriver à ses fins [donner le poste de VRAEI à Marie-Linda Lord] sans l’aide du président du Conseil qui (…) avait modifié la procédure, la rendant inhabituelle et irrégulière ». Par la suite, Richard n’a pas hésité à défendre devant les médias ce processus de sélection controversé. Nous devons nous demander pourquoi cet homme préside toujours la plus haute instance de l’administration universitaire. Pourquoi n’exige-t-on pas au moins plus de réponses et de transparence, de mettre l’affaire au clair? Plusieurs questions importantes demeurent en suspense. Nous avons toutes les raisons de ne pas vouloir enterrer le passé, contrairement à l’administration qui semble avoir toutes les raisons de le faire.

Astheure, expliquez-moi pourquoi on devrait tourner la page, oublier, puis collaborer avec l’administration. Pourquoi devrait-on lui accorder une miette de légitimité? Croit-on que les étudiants possèdent une mémoire de poisson rouge avec un Q.I. de Teletubbies?

Apparemment, dans des sociétés et des institutions fondées sur des valeurs démocratiques, la crasse aurait tendance à s’accumuler sur le dessus si on ne brasse pas de temps en temps, un peu comme dans un stew. C’est manifestement le temps d’y bailler une grousse brasse.

Pour reprendre le symbolisme employé par le CdG lui-même : à l’occasion du 50e de l’Université de Moncton, institution si chère à l’Acadie, un an avant le 150e anniversaire de la fondation du Collège Saint-Joseph de Memramcook, dans la foulée de la publication de Pris en flagrant délit et des récentes manchettes, il n’y a jamais eu un meilleur moment pour brasser le stew. Il est on ne peut plus important et opportun de s’intéresser à la culture de gouvernance et à la structure administrative de l’UdeM. Les scandales récents en sont le plus légitime témoignage.

La FÉÉCUM a justement publié un communiqué dans lequel elle exige que le recteur Raymond Théberge, silencieux jusqu’à présent, — mets tes culottes, Ray, on va te backer-up — prenne « des moyens concrets pour assurer la transparence de l’institution et restaurer la confiance publique en elle, et ce, dans les jours à venir. Pour la Fédération étudiante, cette démarche doit inclure une réforme du Conseil des gouverneurs et la création d’un poste d’ombudsman ou défenseur des droits étudiants. »

Ça serait un bon début. Les temps sont au renouveau. Profitons de cette conjoncture pendant que tout semble en place pour opérer un changement positif dans la culture et la structure administrative de l’UdeM. Comme le disait Kevin Arseneau dans l’Acadie Nouvelle du samedi 15 juin : « C’est le temps qu’on reprenne notre institution et qu’on la forge à notre image ».

À propos…

Remi_Frenette JPEG

Rémi Frenette est bachelier à l’Université de Moncton d’une double majeure en histoire et en études françaises. À Moncton, il travaille au Musée acadien de l’Université de Moncton et au Conseil provincial des Sociétés culturelles. L’Acadie est son terrain de jeu historique, politique et culturel. Il joue dans deux groupes de musique francophones, a participé à deux Parlements jeunesse acadiens, a fondé l’émission de radio satirique Réforme acadienne traditionnelle et s’implique dans la Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick. De surcroît, il cultive un intérêt particulier pour le développement culturel communautaire, les luttes contre l’endettement étudiant et les enjeux reliés aux Premières Nations canadiennes.

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6 réponses à “Administration de l’Université de Moncton : un stew à brasser au plus sacrant – Rémi Frenette

  1. 2 questions sur cette histoire:
    1. Y’a personne qui trouve que Serge Rouselle, qui a lui-même été candidat pour le VRAEI, serait pas mal biaisé dans le dossier? Genre il n’a pas le poste, et se met immédiatement à écrire sur le fait que c’est un scandale.. C’est pas un peu louche comme source d’information, non?
    2. Est-ce que les gens croient vraiment que Marie-Linda Lord est du genre à menacer les leaders étudiants? Il est clair que des choses regrettables ont été dites, et qu’elle admet cette erreur, mais croit-on vraiment que son intention était d’intimider, plutot que de « materner »?
    Tout ça pour dire qu’il y a certainement plusieurs questions qui voient le jour à l’Université de Moncton, mais que trouve que la VRAEI en prend une part démesurée…

    • Bonne questions.

      Selon le comité de sélection, Serge était pas sensé avoir le poste, il était classé 2e après Yvon Dandurant, puis MLL était 3e. C’était pretty much non débatable, Dandurant était apparemment way plus badass que les deux autres. Serge semble vraiment n’avoir absolument rien à gagner avec cette lutte … au contraire! Il s’est mis à dos des personnes influentes de l’administration, en commençant par André Richard, et même si son travail avait mené à un renversement de décision, c’est pas lui qui aurait le poste. So … l’idée de la vengeance personnelle tient pas debout dans ce sens là.

      Comme il l’explique lui-même, en faisant partie du processus, il a été témoins direct. Or dans une affaire comme celle-là, avec des questions procédurales et légales aussi pointues et où la culture du secret est aussi lourde, ça prend presqu’absoluement un regard interne pour pouvoir mettre en lumière le plus d’éléments possibles. Encore là, même en étant prof à l’Uni et candidat au VRAEI, il a eu ben de la misère à obtenir les documents et les témoignages, surtout en raison de la confidentialité fortement, fortement exigée par les big boss. Il est aussi expert dans les questions de droit public, so avec tout ça ensemble, j’le trouve maudiment bien placé pour écrire le livre.

      1.3- Le livre est comme 95% du contenu factuel. L’autre fraction, c’est des réflexions, des retrospectives, des commentaires qui suggèrent que cecitte ou ça est incroyable, inacceptable, etc. En tout cas moi j’ai été agréablement soulagé par la rigueur de l’auteur, parce que j’avais vraiment peur que ça soit un genre de «rant» émotionnel. C’est pas le cas. Encore une fois, à lire pour en juger soi-même.

      Dès le départ, Rousselle, l’ABPPUM et la FÉÉCUM (entre autre) demandaient une enquête indépendant, donc, faite par quelqu’un de neutre pour clarifier toutes les questions entourant la nomination. Clairement Rousselle est pas neutre, but hey! Si l’administration aurait pas tout fait pour enterrer le scandale, ignorer les demandes d’enquête, Serge aurait pas eu besoin de le faire. Après, y’a essayé les tribunaux mais la machine l’aurait cruché financièrement (avec la cash des étudiants) Donc face à une injustice vertement dénoncée par la communauté, toute aussi vertement enterrée par l’administration, rien n’allait être fait. Rousselle a pris ça en main et pour ça, je le respecte … surtout qu’il semble avoir pas grand chose à gagner.

      So, est-ce que le fait qu’il a fait partie du scandale le biaise? Dire oui, ça serait une façon facile, presque gratuite, de discréditer l’envergure et l’importance des informations que contiennent son livre. La question est bonne mais il faut bien peser la réponse. Moi j’ai la mienne de faite ; lire le livre m’a aidé à la former.

      *****************

      Pour ta deuxìème question, avec l’affaire d’intimidation, d’accusations trompeuses à l’endroit de Simon, d’appel «guilt-trip» à Kevin après l’entrevue … Moi, je suis pas ici pour juger de la personnalité à MLL, voir si c’est le «genre de personne» qui intimiderait un leader étudiant. Je la trouve d’ailleurs charmante, dynamique, intelligente pour les fois que je l’ai vu (comme au PJA!), mais cela n’a pas d’importance. On parle de sa nomination mais surtout de ses rapports professionnels avec la FÉÉCUM, qui n’ont rien à voir avec quel genre de personne on pense qu’elle est ; on la connaît pas premièrement, et deuxièment le type d’une personne ne révèle en rien sa nature et ce dont elle est capable dans un contexte professionnel, drôlement tendu et pas mal complexe en termes de relations de travail, par exemple entre MLL et la FÉÉCUM.

      Justement, d’un point de vue purement professionnel où se jouent d’imposants et complexes rapports de pouvoir (MLL-FÉÉCUM, CdG-MLL, CdG-FÉÉCUM), où planne un moyen scandale concernant la nomination au VRAEI, où la FÉÉCUM est la plus forte et engagée depuis comme 30 ans (ce que l’administration semble vraiment craindre et mépriser), un contexte où l’administration est dans la mire du mouvement étudiant, un contexte où la culture de gestion de l’UdeM est remise en question de tous les côtés …. Dans ce contexte, qu’elle ait eu une «approche maternelle» n’ayant aucune intention de faire reculer au président de la Fédération étudiante, ça me semble discutable … Il y a toujours deux côtés à la médaille. Mais je dois dire que jamais l’administration n’aura eu si peu de crédibilité. Et d’après ce que j’ai vu qu’elle était capable de faire pour en arriver à ses fins, je suis prêts à imaginer le pire!

  2. Ça serait une très bonne idée, oui ! En fait ça coûterait rien parce que leur salle est déjà toute équipée. Y’ont les micros, des caméras, des TV pi des speakers. Même qu’ils stream déjà la réunion … mais seulement entre eux-autres, c’est ça la catch. Si quelqu’un parle de l’autre boute de la table pi y’est comme loin parce que c’est un gros rectangle de comme 40 places, ben t’as juste à spotter sa face dans la TV la plus proche. Non sérieux, sont full-equiped pi y stream en direct, juste entre eux-autres. Moi et plusieurs autres étudiants à la manif du 13 avril, on a été estomaqués en rentrant là-dedans. Une mauvaise surprise parmi tant d’autres cette journée-là.

    Mais non, non… Même s’ils sont déjà équipés comme des rois, j’peux pas voir aucune raison qu’ils diffuseraient en ligne, encore moins en direct. J’ai cru comprendre, au contraire et à ma grande honte et déception, que les mesures de confidentialité et de musèlement se resserraient alentours de Taillon dernièrement. À moins que l’ABPPUM est complètement dans les patates lorsqu’elle décrie :

    « le Conseil des gouverneurs a voté le 8 juin dernier une résolution demandant que les membres du Conseil signent dorénavant un formulaire de confidentialité, ce qui représente précisément le contraire de la transparence, et contribue encore plus à la culture du secret que dénonce à juste titre la FÉÉCUM.
    On doit se demander en effet pourquoi on voudrait imposer la confidentialité à des individus qui œuvrent pour une institution publique, financées par les impôts des citoyens et les frais de scolarité des étudiants? Qu’a-t-on à craindre? […]
    M. Richard évoque un autre exemple de «transparence», celui des modifications qui ont été faites le 18 mars dernier à la Politique de sélection des cadres. Il ne dit pas que cette politique a dû être adoptée à toute vitesse par le Sénat académique le 7 mars dernier, et qu’une des principales modifications concerne l’imposition de la confidentialité aux membres de comités de sélection, prétextant qu’il s’agit de questions de ressources humaines et de questions de «bonne gouvernance». Nous sommes d’avis que cette demande de plus de confidentialité s’inscrit plutôt dans une démarche de musèlement que de transparence.
    Enfin, M.Richard déclare fièrement que les deux derniers processus d’embauche se seraient «très bien déroulés» dans les deux cas. Nous devons ici réfuter M. Richard puisque, contrairement à la procédure habituelle et bien établie (et inscrite dans la convention collective), le comité de sélection n’a pas consulté l’ABPPUM pour le poste du Vice-rectorat à l’administration et aux ressources humaines. » (18 juin, «L’ABPPUM réagit aux propos du président du Conseil des Gouverneurs et appuie les démarches de la FÉÉCUM», http://feecum.blogspot.ca/2013/06/labppum-reagit-aux-propos-du-president.html)

    Ouaille ! Pas trop d’espoir icitte.

    Ça vaut peut-être la peine de reprendre ce fameux communiqué qui nous rappelle une fois de plus que le CdG veut pas entendre parler de l’affaire VRAEI : « ll nous faut maintenant tourner la page », « nous unir pour […] bâtir ensemble l’Université de demain », « nous devons tourner notre regard vers l’avenir », signé : le CdG. («Serge Rousselle: l’U de M sort de son mutisme», http://www.capacadie.com/actualites/2013/6/14/serge-rousselle-lu-de-m-sort-de-son-mutisme) Ça insiste pas mal pour qu’on oublie, j’trouve.

    Donc aucun indice là non plus de déviation *radicale* vers un semblant de transparence. Au contraire, ça d’l’air…

    Tiens, un passage de Pris en flagrant délit, juste pour le fun de continuer à montrer comment M. Richard et le CdG semblent littéralement s’opposer au concept de transparence : https://dl.dropboxusercontent.com/u/107328417/2013-06-21%2018.40.03.jpg. Après quelques mois de scandale, M. Richard comprend que des gouverneurs ont rompu le sceau de la confidentialité. ÇA c’est un scandale, la pire chose au monde … (On se rappellera : «Kevin Arseneau […] décide de briser la confidentialité à laquelle l’astreint son rôle de gouverneur de l’Université pour révéler le budget prévu par l’institution en 2013-2014.», http://feecum.blogspot.ca/2013/04/revue-de-presse-du-8-au-12-avril.html). Donc, visiblement stressé devant un léger regain de transparence au sein de ses troupes, M. Richard décide d’agir. Il explique au CdG à quel point il est « préoccupé par le manque de confidentialité apparent entourant ce dossier ». Comme un grand capitaine, il rappelle à ses ti-mousses « les règles relatives à la confidentialité et en fait la lecture. » Pour finir en beauté, « Le président demande aux membres de respecter la politique » ÇA, c’est du leadership.

    Non ben le message est tu assez clair, merci ? Ça donne probablement juste une petite idée des genres de rapports de pouvoir, de pression et d’intimidation pour protéger le secret, le genre de culture, d’environnement et de relations de travail qui peuvent s’installer dans un milieu comme celui-là … un milieu comme la plus haute instance administrative de l’Université de Moncton.

    Alors, encore une fois … pas grand espoir de transparence. À mon sens c’est tout simplement impossible d’imaginer quelconque un changement de cap, sinon pour le pire, sous la gouverne de M. Richard. En même temps, j’veux pas être redondant là mais vraiment, j’ai aussi de la misère à comprendre pourquoi il occupe encore sa fonction sans être obligé de rendre comptes, des explications, une démission, ketchose !

    Pi pourquoi Théberge vient pas mettre de l’ordre dans la cabane ?

    C’est facile imaginer des actions qui favorisent la transparence … diffuser les réunions en direct, avoir des PV plus détaillées (parce que tusuite c’est pitoyable), contrer la sur-utilisation des contraintes de confidentialités, créer un post d’ombudsman … On peut avoir plein d’idées.

    Le problème arrive avec l’application de ces idées-là. Ça me semble juste impossible d’opérer un changement vers l’intégrité, l’honnêteté et la transparence tant que le président sera là. Parce que manifestement il est un HUGE fan de la confidentialité, donc très fort probablement de par sa position et les documents qu’on vient de voir, il doit être un pilier important de la culture du secret qu’on méprise tant ces jours-ci. Encore plus alarmant quand on rappelle les accusations selon lesquelles il aurait été l’allié numéro 1 à Yvon Fontaine dans l’affaire VRAEI … Anyways. C’est scandaleux. À ce point-ci je sais pas quoi dire de plus.

  3. Dans plusieurs universités, les conseils des gouverneurs sont filmés et diffusés en ligne. Ce pourrait être une façon d’assurer plus de transparence à l’avenir?

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