#MonStageMeRuine – Alexandre Cédric Doucet

La campagne #MonStageMeRuine de la Fédération des étudiantes et étudiants du Campus universitaire de Moncton (FÉÉCUM) a été lancée le 18 avril 2017, avec une conférence de presse et le témoignage d’une étudiante inscrite à l’École de science infirmière qui a dû effectuer un stage non-rémunéré de longue durée. Cette campagne vise le secteur public et, plus précisément, quatre programmes d’études : science infirmière, nutrition, travail social et éducation.

Avant d’aller plus loin, il est important de souligner l’origine de cette revendication. Au cours de l’année universitaire 2014-2015, une motion demandant à la FÉÉCUM de militer contre les stages non-rémunérés a été acceptée à l’unanimité par les représentant(e)s des conseils étudiants. Dès lors, la FÉÉCUM a décidé qu’il était nécessaire de mieux connaître l’enjeu avant de revendiquer des changements. Les élu(e)s et les employé(e)s ont donc organisé des tables rondes, lancé des sondages et fait de la recherche afin de récolter des données pour améliorer notre compréhension du sujet, mais aussi pour nous aider à construire un argumentaire dans le but de faire du lobbying au niveau politique.

Lors de l’année universitaire 2015-2016, la FÉÉCUM a choisi d’agir afin d’alléger le fardeau financier des stages en créant un fonds de bourses. Son conseil d’administration a accepté de verser un don de 100 000$ étalé sur 10 ans (somme égalée par l’Université de Moncton). Nous pensions que la situation était réglée, mais les fonds de bourses mettent des années à produire les résultats escomptés. Les membres de l’exécutif suivant ont donc décidé, avec le conseil d’administration, d’arrêter de verser de l’argent dans le fonds de bourse puisque ce dernier n’allait pouvoir aider les étudiant(e)s que dans le moyen terme. Puisque la FÉÉCUM est entièrement financée par ses membres (c’est-à-dire les étudiant(e)s), il semblait illogique que ces derniers doivent financer ce fonds de bourses alors qu’ils portent déjà le fardeau de la dette associée aux frais de scolarité, de stage, de logement et j’en passe.

Cela étant dit, au cours de la même année, la FÉÉCUM a lancé une campagne de sensibilisation portant sur les stages non-rémunérés dans le secteur des services publics.

Pourquoi avoir ciblé le secteur des services publics? D’abord, la plupart des stages dans le secteur privé sont déjà rémunérés. Ensuite, le secteur sans but lucratif (OSBL) ne possède pas forcément les fonds nécessaires pour offrir des stages rémunérés. Il reste donc les stages dans les services publics, largement conduits au sein du gouvernement provincial.

En gros, la FÉÉCUM exige que le gouvernement compense les stagiaires pour le travail effectué étant donné qu’il s’agit bel et bien d’un travail. La FÉÉCUM exige également que les stagiaires soient compensés pour les dépenses supplémentaires engendrées par leurs stages. Cela peut se faire de deux façons: soit en rémunérant les stagiaires du secteur public, soit en créant une bourse ciblée pour les étudiant(e)s qui font des stages. Les universités pourraient aussi faire leur part en cessant de facturer les frais de scolarité pour des études à temps plein en plus des frais afférents étant donné que les étudiant(e)s ne sont pas sur le campus au moment de faire leurs stages.

Selon nos chiffres, un stage dans l’un des programmes d’études mentionnés plus haut peut coûter jusqu’à 2000$ en dépenses additionnelles (frais de stationnement, frais de déplacement, coûts des vaccins, dépenses liées au logement temporaire). Par contre, le coût réel est plus élevé car les stagiaires n’ont souvent pas le droit (voire n’ont pas le temps) d’occuper un emploi à temps partiel pendant leurs stages.

L’impact financier peut aussi se prolonger après la fin des stages. Par exemple, si une étudiante en science infirmière fait un stage pendant la session de printemps-été, elle ne peut pas occuper d’emploi durant cette période. De plus, sans emploi, elle ne peut pas accumuler assez d’heures pour faire une demande au programme d’assurance-chômage. Sans assurance-chômage, elle est sans revenu. Dans d’autres cas, quand le stage se termine après le début des périodes typiques d’emploi d’été, il devient difficile de trouver un emploi. Vous voyez ce que je veux dire? Et, ce ne sont que quelques exemples!

La deuxième phase de la campagne #MonStageMeRuine, lancée en septembre 2017, vise à aller chercher des appuis auprès des différents organismes de la province et à rencontrer tous les partis politiques afin de lancer l’enjeu des stages non-rémunérés dans l’arène politique en vue des élections 2018. Au moment d’écrire ces lignes, une dizaine d’organismes acadiens nous avaient déjà signifié leur appui officiel. De plus, à l’occasion de la Journée mondiale des stagiaires, le 10 novembre 2017, la FÉÉCUM organise une manifestation devant les bureaux de circonscriptions du premier ministre Brian Gallant et du ministre de l’Éducation postsecondaire Roger Melanson. L’événement débutera à midi et toute la population est invitée à y participer.

Après cela, nous nous attendons à ce que les belles paroles des politicien(ne)s deviennent des actions concrètes.  Sans quoi, il faudra jouer sur la place publique, un endroit où les partis politiques n’auront pas le choix de nous écouter et de nous répondre.

À propos…

Originaire de Beresford au Nouveau-Brunswick, Alexandre Cédric Doucet détient un baccalauréat avec spécialisation en science politique et est présentement étudiant au programme combiné de maîtrise en administration publique et de baccalauréat en droit. Il en est à son deuxième mandat consécutif à la Fédération des étudiantes et étudiants du Campus universitaire de Moncton (FÉÉCUM). Il est également représentant au conseil d’administration de la Coalition d’équité salariale. Il milite pour la justice sociale et, plus précisément, le droit à l’éducation, le droit des femmes et le droit des travailleurs.

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