En route vers une culture régionale commune et solidaire, une idée qui fera son chemin en milieu rural! – Collectif

Après maintes réflexions, nous voulons lancer un message aux gens qui sèment la discorde et qui perpétuent de vieilles rengaines depuis trop longtemps. Récemment, la situation précaire de nos écoles et de nos bureaux de Service Nouveau-Brunswick a alimenté de vives résistances entre Kedgwick et Saint-Quentin. Puisque la jeunesse observe, analyse et interprète, elle ne vit maintenant plus en vase clos. Elle est ouverte sur le monde et elle est informée, voire très informée. Loin de rester indifférents face aux récentes tensions entre nos deux communautés rurales, nous demeurons toujours sensibles, de près ou de loin, au développement de notre région natale et nous trouvons qu’il s’en brasse des choses chez nous dernièrement. Malheureusement, on n’y brasse pas de la bière comme c’est le cas à Edmundston, mais plutôt de la mésentente et de la discorde.

En plus de ces tumultes incessants, nous apprenons que l’Acadie Nouvelle a publié, la semaine dernière, un autre article à notre sujet pour des raisons encore conflictuelles. En fait, il s’agit d’un très petit groupe de citoyens de Kedgwick qui désire se dissocier du seul organisme de représentation culturelle de notre région, soit la Société culturelle des Hauts-Plateaux (SCHP). Laissez-nous vous dire que ce projet de création d’une société culturelle distincte dans la région de Kedgwick a suscité beaucoup de réactions antagonistes dans les médias sociaux depuis sa parution dans l’Acadie Nouvelle.

enroute

À l’ère des coupures, du sous-financement de la culture et des arts, ce groupe n’a pu trouver mieux que de ressusciter ces vieilles animosités en voulant créer une deuxième société culturelle. Misère! Et le dialogue dans tout ça? Dites-nous, s’il vous plaît, où se situe la lutte rurale, telle qu’envisagée par nos dirigeants municipaux? En ce moment, nous ne la voyons guère, ni à Saint-Quentin, ni à Kedgwick. Au lieu de nous entraider, nous nous divisons. La stratégie déployée par Napoléon Bonaparte « Diviser pour régner » n’est bonne que pour les faibles. Elle est digne d’un machiavélisme mal intentionné, c’est-à-dire que nous sommes prêts à utiliser n’importe quels moyens pour arriver à notre fin. Nous croyons sincèrement que nous devrions plutôt orienter nos actions vers notre devise acadienne : « L’union fait la force ». Un projet collectif, voilà ce dont nous avons besoin en tant que communautés rurales et francophones en milieu minoritaire au Nouveau-Brunswick. Nous voulons un projet commun qui dépasse les intérêts particuliers et partisans de tout un chacun.

L’identité culturelle régionale à laquelle notre génération Y s’identifie est complètement dissociée des guerres de clochers légendaires, presque mythiques. Nous avons toujours cru que ces vieilles rengaines étaient choses du passé et que nous avions appris à vivre ensemble. Nous réalisons, à présent, que nous nous sommes trompés. Bien qu’une distance géographique de 18 kilomètres nous sépare, nous demeurons convaincus que, malgré tout, nous partageons les mêmes valeurs sociales, culturelles et économiques. Nous éprouvons des difficultés à faire front commun parce que nous nous sommes érigés des barrières pour des mauvaises raisons. Il serait bien futile de croire que les deux municipalités sont différentes au point de ne pas se reconnaître et de ne pas collaborer au développement de cette grande région.  À vrai dire, nous nous ressemblons plus que nous le pensons.

De voir ainsi une partie de la population vouloir détruire la SCHP, qui est un organisme régional, pour en créer un autre à l’échelle locale va totalement à contresens de tout développement, tant culturel qu’économique. En plus d’aliéner la jeunesse, cette situation, si elle advient, aura pour effet de diviser en deux les subventions provinciales et privées pour la culture dans notre région. Si vous pensez que le gouvernement ou le secteur privé détiennent les moyens de financer deux organismes, vous vous trompez! La seule façon de survivre, c’est de s’unir. Nous nous rappelons des merveilleux projets mis en place, de manière conjointe entre nos deux municipalités, par notre société culturelle. La rénovation de la salle de spectacle Fatima à Kedgwick, le Sommet de la chanson, les nombreux spectacles aux saveurs artistiques des plus diversifiées en sont des exemples parmi tant d’autres. Et que dire des nombreux bénévoles en provenance de nos communautés avoisinantes qui s’y sont investis corps et âme? Les bénévoles sont à la source du déploiement d’une qualité de vie rurale qui se démarque. Malheureusement, cette ressource est, aujourd’hui et depuis quelque temps, divisée par cette mentalité obscène. Alors, pourquoi mettre un frein à l’épanouissement de cet organisme qui a tellement contribué à l’enrichissement de notre culture régionale et qui a réussi à faire ses preuves à travers son travail de coopération?

Puisque la mission de la SCHP, telle qu’indiquée sur dans site Internet, est de « viser l’enrichissement et le plein épanouissement culturels de tous les résidents francophones du territoire desservi par la société », elle représente un instrument de diffusion culturelle efficace et de qualité qui, malgré le manque de financement, arrive à faire énormément de représentation régionale en desservant les localités de Saint-Quentin à Menneval en passant par Saint-Jean-Baptiste, Kedgwick et Saint-Martin-de-Restigouche. À notre avis, la culture, sous toutes ses formes, a besoin d’être vue, entendue et ressentie pour pouvoir rayonner à son plein potentiel. Créer un organisme distinct pour la région de Kedgwick aurait pour effet de limiter les ressources disponibles pour promouvoir la culture et, ainsi, diminuerait son impact dans l’ensemble de nos communautés. Soyons fiers de célébrer haut et fort notre culture régionale!

Pour assurer la pérennité des communautés rurales du Restigouche-Ouest, un leadership positif et rassembleur devra faire ses preuves par nos élus locaux afin d’encourager les citoyens à travailler ensemble. Si les gouvernements locaux travaillent en vase clos, si personne ne se parle, voire se nuisent par des querelles interminables, nos villes et villages dépériront et disparaîtront éventuellement. Comme le disait la psychanalyste française Françoise Dolto: « Tout groupe humain prend sa richesse dans la communication, l’entraide et la solidarité visant à un but commun : l’épanouissement de chacun dans le respect des différences ».

Ayant eu écho des propos tenus dans le cadre de l’assemblée générale annuelle de la SCHP, le 10 juin dernier, nous sommes heureux d’apprendre que la majorité des gens en présence ont témoigné leur désaccord à l’égard du projet. C’est un bon début! Cheminons ensemble dans cette direction! Parlons-nous, entraidons-nous, soyons solidaires et, surtout, respectons nos petites différences! Est-ce que, pour une fois, nous pourrions faire la manchette de l’Acadie Nouvelle avec un exemple de collaboration, de succès et de bonne entente? Bref, unissons nos forces au plus vite!

Nous vous invitons à prendre connaissance des projets communs ci-dessous pour construire une véritable solidarité rurale:

Projet de solidarité rurale du Québec

Livre collectif Plein feux sur une ruralité viable, publié en 1994 aux éditions Écosociété

À propos… 

Photo_Joey CouturierOriginaire de Saint-Quentin, Joey Couturier détient un diplôme en animation 2D/3D du Collège communautaire du Nouveau-Brunswick et a complété deux années à l’Université de Moncton en communication. Animateur de radio et de télévision de temps à autre, il est de retour dans sa région natale depuis peu. Les médias locaux l’intéressent et il tente d’y faire carrière.

Photo_MichaelDubéMichael Dubé est originaire de Saint-Quentin. Bachelier en éducation (français et histoire) et maître en histoire de l’Université de Moncton, il est présentement le coordonnateur du Centre d’aide en français et du Service de tutorat au campus universitaire d’Edmundston (UMCE) ainsi que chargé de cours à l’UTANO.

Photo Amélie-Anne Gauthier (1)Originaire de Kedgwick, Amélie-Anne Gauthier travaille en marketing et est responsable des activités numériques dans un cabinet d’avocats canadien à Montréal. Elle a complété un baccalauréat en administration des affaires, concentration en marketing à l’Université de Moncton.

Marilyne Gauvreau est originaire de Saint-Quentin.  Elle détient un baccalauréat en science politique de l’Université de Moncton ainsi qu’une maîtrise en sociologie de l’Université d’Ottawa. Elle est présentement inscrite au programme de doctorat en éducation à l’Université de Moncton. Elle est récipiendaire d’une bourse d’études de la Fondation Baxter et Alma Ricard.

Photo_DavidMichaudOriginaire de Saint-Quentin, David Michaud est diplômé du baccalauréat en finance de l’Université de Moncton et il a obtenu un certificat en planification financière de l’Université Laurentienne de Sudbury. Il occupe actuellement la fonction de directeur de succursale à la Banque Nationale du Canada située à Moncton. En 2009, il a été désigné comme étant un des anciens de l’organisme 21inc.

Photo_PhilippeRoussellePhilippe Rousselle est originaire de Saint-Martin-de-Restigouche. Il détient un baccalauréat avec spécialisation en psychologie et termine en ce moment une maîtrise en psychologie (profil recherche). Il occupe à la fois un poste d’assistant de recherche à  l’Institut canadien de recherche sur les minorités linguistiques et un emploi chez Statistique Canada comme adjoint à la statistique au Centre de données de recherche à l’Université de Moncton.

 

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3 réponses à “En route vers une culture régionale commune et solidaire, une idée qui fera son chemin en milieu rural! – Collectif

  1. Marilyne girl quelle, aplomb ta prestance à Radio-canada! Tu as Été SUBLIME!!! Jesuis fière de te connaître & de voir en toi un aussi BEAU CHEMINEMENT!!!! Vous Êtes toutes & tous de BEAUX Jeunes Adultes capable d’ÊTRE La Joie d’une communauté qui SE RESPECT! Bravo!! Love You Richarde

  2. Une reflexion exemplaire d’un groupe de jeunes acadiens et acadiennes désireux de participer au développement de leurs communautés. Je suis vraiment impressionné par la justesse de leurs propos.

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