Myriam Lebouthillier…une jeune auteure à surveiller! – Myriam Richard

LeBouthillier, Myriam, Un violon sous la mer, Montréal, Éditions Druide, coll. «Reliefs», 2016, 496 p.

Un violon sous la mer est le premier roman de Myriam LeBouthillier, originaire d’Edmundston. Née d’un père acadien et d’une mère québécoise, elle habite maintenant à Québec. C’est d’ailleurs lors des études en littérature qu’elle mène à l’Université Laval que l’intrigue de son roman commence à prendre forme. Au départ, Un violon sous la mer est une nouvelle, mais devient rapidement un roman lors des études de maîtrise de l’auteure. Après plusieurs années, il est finalement publié chez Druide en 2016.

Crédit photo : Éditions Druide.

Le travail méticuleux de l’écrivaine est évident : ce roman historique, une «brique» de près de 500 pages, raconte la saga familiale des Berthelot, et couvre une période d’une vingtaine d’années, de la fin du XIXe siècle au début du XXe siècle. La structure utilisée par l’auteure, qui fait tantôt recours au genre épistolaire, tantôt à l’analepse (ou retour en arrière), permet de donner des informations au compte-gouttes, maintenant l’attention du lecteur jusqu’à la toute fin.

Originaire de la Normandie, en France, la famille Berthelot a connu sa part d’épreuves. Élevés par un père abusif, rarement présent, Fernand, Mathias et Léa doivent faire face au décès de leur mère alors qu’ils sont encore enfants. Les relations sont donc tendues chez les Berthelot, et le climat familial s’aggrave lorsque Léa, à peine sortie de l’adolescence, perd aussi la vie.

Le roman commence en Autriche, au début du XXe siècle. Fernand, l’aîné de la famille, écrit à Mathias, le benjamin, pour qu’il vienne lui rendre visite à Bregenz. Mathias, qui n’a pas parlé à son frère depuis la mort de Léa, comprend difficilement la requête de Fernand, mais s’y rend tout de même. À son arrivée, il trouve Fernand au seuil de la mort; ce dernier désire que Mathias adopte son jeune fils, Miguel. Mathias est sous le choc : Fernand lègue la garde de ce qu’il a de plus précieux à son frère, célibataire endurci, à qui il n’a jamais fait confiance.

S’ensuivra une série de péripéties qui amèneront Miguel et Mathias à se connaitre, alors qu’ils poursuivent un voyage initiatique sur routes, voies ferrées et mers d’Europe : ils se rendront en France et en Écosse, en passant par la Suisse et le Royaume-Uni. Petit à petit, grâce, notamment, aux retours en arrière, le lecteur en apprend davantage au sujet de ces deux personnages, qui ont chacun vécu leur lot de souffrances.

Le roman Un violon sous la mer, quoique tragique, comporte pourtant des moments touchants, de chaleur humaine. C’est le récit de deux êtres qui réussissent à se rejoindre et à recréer une famille unie, à leur image. On termine le roman avec un sentiment d’espoir pour l’avenir meilleur qui attend la famille Berthelot.

L’auteure manie bien la plume et garde l’intérêt du lecteur tout au long du récit. Il est apparent que beaucoup de temps a été investi dans la réflexion sur le roman ainsi que dans sa composition et son écriture, ne serait-ce que par le nombre de récits enchâssés qui forment la trame narrative.

Cependant, c’est cette abondance de récits, de détails, de personnages, qui rend parfois la lecture étourdissante. Entre autres, il est difficile de s’attacher aux personnages principaux dès le début du récit, puisqu’ils ne sont pas suffisamment développés avant que d’autres personnages secondaires apparaissent, que d’autres détails soient dévoilés. J’aurais préféré que l’auteure prenne davantage son temps à raconter le récit, quitte à diviser le roman en plusieurs tomes. De plus, il aurait été intéressant de développer l’aspect historique, qui semble plus être une trame de fond qu’une partie intrinsèque du roman.

Il s’agit néanmoins d’un roman touchant qui vaut la peine d’être lu jusqu’à la fin, puisqu’il prend tout son sens aux derniers chapitres. Je vous le recommande fortement. Bref, Myriam LeBouthillier est assurément une jeune auteure à surveiller!

À propos…

Originaire de Moncton, Myriam Richard détient un baccalauréat et une maîtrise en études littéraires de l’Université de Moncton. Installée à Fredericton depuis quelque temps, elle travaille dans le domaine de l’éducation et du développement communautaire. Elle aime les livres, les jeux de mots et les rencontres inusitées.

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