La lumière retrouvée au bout du tunnel – Lina Alqadi

Le texte suivant a été rédigé dans le cadre de Paroles plein la tête, une initiative de la Fédération des jeunes francophones du Nouveau-Brunswick (FJFNB) qui vise à faire la promotion de l’écriture et de la création littéraire chez les jeunes francophones de la province. Cette nouvelle littéraire se déroule au 20e siècle dans un village où une guerre a été déclenchée. L’histoire est racontée du point de vue de Kartik Sleiman, un jeune homme orphelin qui retrouve, de façon inattendue, la lumière au bout du tunnel.

Ce jour-là, je me réveillai sans l’aide de mon alarme. Les yeux ouverts, je constatai rapidement que cette journée allait être différente de toutes celles que j’ai vécues dans ma vie. Ce fut avec le son de cris déplorables que je me réveillai.

Les rumeurs le soulignaient souvent : une guerre allait bientôt survenir. Personne n’aurait cru que ce jour calamiteux serait arrivé à grands pas. Par contre, il fut bel et bien là.

Je me levai de mon lit à la vitesse de la lumière et je truffai mon sac à dos avec toutes sortes d’éléments essentiels afin de pouvoir me déplacer à un endroit sans danger. Le voyage risqua d’être long sur un climat sec et à une température âpre dépassant trente degrés Celsius. De plus, je dus surmonter cette épreuve seul, sans soutien familial, étant donné que je fus orphelin. Mon père est décédé lors d’une guerre quand j’étais enfant et ma mère a été victime du cancer il y a cinq ans, lorsque j’avais douze ans.

Sortant de ma cabane, je fus accueilli par la vue de bâtiments démolis et la senteur de sang qui régna dans l’air certifia que le nombre de morts fut insupportable. Je partis voir mon échoppe, mais sa condition fut affligeante également. Par la suite, je me précipitai vers ma ferme et pour comble de malheur, mes chameaux furent escamotés. Le voyage sera certainement exténuant et ardu à pied.

Plusieurs guerriers envahirent et démolirent le village. Les habitants déguerpirent en vitesse, tous silencieux et terrifiés. Cependant, il y eut une femme qui demanda et supplia de l’aider ; sa fille ne fut pas à ses côtés. Aucun ne se porta volontaire, ils eurent d’autres chats à fouetter. Or, je me précipitai vers la dame en fauteuil roulant pour lui offrir mon aide. Elle me dit que sa fille fut coincée dans sa maison en feu et m’inonda par la suite avec ses remerciements pour vouloir lui tenir main forte. Je partis sur-le-champ vers la demeure selon les directions précisées par la mère.

Arrivant à la destination, je fis face à un édifice à cinq étages ayant plusieurs portes. La jeune adulte, Rosa, fut coincée sur le dernier étage du haut, d’après les informations de sa mère. Sous cet angle, je ressentis la chute exponentielle de ma confiance concernant ma stratégie de sauver cette adolescente. Elle ne répondit pas lorsque j’interpellai son nom et le bâtiment fut énorme. Finalement, je rassemblai mon courage et je scrutai la résidence pour trouver une porte déverrouillée, avant que les flammes s’accrussent. Heureusement, je découvris la porte recherchée et j’escaladai les escaliers diligemment jusqu’au cinquième étage. En revanche, je constatai avec horreur que la chambre ayant une porte décorée avec le nom Rosa fut verrouillée. Parallèlement, les flammes s’intensifièrent et le temps s’écoula à une vitesse effroyable. Mes battements de cœur s’amplifièrent. Je poussai brusquement la porte avec ma figure et toutes ses forces. Après plusieurs essais vigoureux, la barrière s’avoua vaincue. La chambre fut clôturée par des flammes, mais elles ne furent pas aussi immenses que celles à l’extérieur de la pièce. Je soulevai le corps de Rosa, qui fut affaibli et ébranlé par la présence élevée de dioxyde de carbone. Mes cheveux furent trempés de sueur, suscités par la chaleur des flammes monstrueuses. Certaines marches des escaliers furent victime des flammes également et alors furent brûlées. Ainsi, le parcours vers la sortie fut complexe et rugueux, mais fut possible.

Lorsque je rejoignis la mère de Rosa, elle fut soulagée de me voir avec sa fille, qui fut peu consciente, dans mes bras tachetés de brûlures. Nous partîmes à la recherche d’un hôpital, loin du village détruit en morceaux.

Rosa fut envoyée à l’urgence hospitalière et je fus soigné par une infirmière pour mes blessures. La secrétaire de l’hôpital prit en note mon nom : Kartik Sleiman. Elle appela par la suite la mère de Rosa pour inscrire le nom de sa fille également. La dame à mes côtés répondit : Rosa Sleiman. Je fus choqué. Comment fûmes-nous reliés, Rosa et moi? En questionnant sa mère davantage, nous découvrîmes que Rosa et moi possédons le même père. Après toutes ces années dépareillées, je fus enfin sorti de la solitude. J’ouvrirai les yeux demain matin, et ce sera un sourire qui m’accueillera.

À propos…

Lina Alqadi, née à Moncton au Nouveau-Brunswick, est élève à l’École l’Odyssée. Elle est passionnée par le voyage, pratique également comme loisirs l’écriture et le ballon-panier. La jeune possède un grand intérêt envers les sciences de la santé et désire poursuivre ses études dans ce domaine.  Âgée de 15 ans, elle serait la plus jeune finissante dans la province en 2020.

3 réponses à “La lumière retrouvée au bout du tunnel – Lina Alqadi

  1. Félicitations, Lina, pour ce très beau texte. Je te souhaite du succès dans tes études supérieures et dans ta carrière. De Montréal, Marie, retraitée de l’enseignement.

  2. Bravo Lina pour avoir écrit un texte si captivant. Mon coeur a palpité tout au long de l’histoire!
    J’ai adoré, qu’à la toute fin, que je fus rassurée du destin du personnage principal. Et quelle belle utilisation d’un vocabulaire riche et varié!!!
    Mme Jackie – de ta 7e année 🙂

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