Le soutien aux nouveaux agriculteurs inclut l’accès aux services de garde – Rébeka Frazer-Chiasson

Depuis que l’agriculture existe, les femmes y ont joué un rôle vital. Que ce soit au niveau de la cuisine, de l’entretien des maisons ou de l’éducation des enfants, la grande majorité des fermes familiales ne tiendrait pas le coup sans le travail des femmes. Aujourd’hui, de plus en plus de femmes se trouvent à la tête d’entreprises agricoles et, selon un récent sondage portant sur les nouveaux fermiers au Canada, la majorité des agriculteurs sont, en fait, des agricultrices. Peu importe le rôle que jouent les femmes dans les fermes du Nouveau-Brunswick, l’important est qu’elles aient le choix d’occuper les fonctions qu’elles veulent occuper et que ces fonctions, qu’elles soient le labourage ou le lavage, soient valorisées.

L’Union nationale des fermiers (UNF), depuis sa création en 1969, possède un poste de présidente des femmes afin que les enjeux spécifiques aux agricultrices puissent constamment être amenés sur la place publique. C’est en 2013 qu’Eva Rehak, la présidente des femmes de l’UNF au Nouveau-Brunswick, a fait connaitre le défi de l’accès aux garderies pour des fermières à faible revenu. Malgré le fait qu’un programme de subvention existe pour assurer l’accès aux services de garde pour les Néo-Brunswickois à faible revenu, les familles agricoles ne peuvent y accéder en raison de leur statut d’entrepreneurs. À cette époque, le gouvernement avait affirmé que projet de loi serait modifié afin que les familles n’ayant pas d’employés puisse participer au programme.

Quelques années plus tard, quand trois familles (dont la mienne) ont tenté de s’inscrire au programme, nous avons découvert que les choses n’avaient pas changé. Le gouvernement explique la situation de diverses façons. Une famille ne peut y accéder parce que son entreprise agricole est incorporée. L’autre famille n’est pas éligible parce qu’elle embauche un employé avec l’appui d’un programme du gouvernement fédéral pour quelques mois par année (et ce, même s’il ne s’agit pas de la même période que celle pour laquelle le service de garde serait utilisé). Finalement, la troisième famille se voit refuser parce que «personne dans ce type de travail n’a jamais été bénéficiaire du programme d’assistance».

L’UNF a tenté de mieux comprendre la logique derrière les décisions. Toutefois, même après une rencontre avec le sous-ministre de l’éducation et de la petite enfance cet été, nous n’avons pas réussi à élucider la question. Lorsque nous avons reçu un appel pour nous annoncer une «bonne nouvelle», le sous-ministre nous a simplement dit que nous serions invités à faire partie d’une consultation visant à restructurer le programme cet automne. Depuis, l’automne est arrivé et nous attendons toujours avec impatience l’invitation à participer à cette consultation. Dans le discours du trône de la semaine dernière, le gouvernement a annoncé qu’il accroîtra l’aide visant à défrayer le coût des services de garde, mais nous doutons que ces changements répondront aux besoins des familles agricoles.

Si on voulait soutenir les fermières et les fermiers de cette province et rendre plus facile l’accès au monde de l’agriculture, quel meilleur moyen de le faire que d’assurer que les enfants puissent être en bonnes mains dans une garderie de la communauté alors que les parents travaillent au succès de leurs entreprises? Il n’y a pas de raison (du moins aucune que nous puissions identifier) pour laquelle le gouvernement ne pourrait pas faire la même chose pour tous les petits entrepreneurs de la province puisqu’une fois qu’une entreprise est solide et que les impôts démontrent que la famille a atteint le plus haut barème du programme d’assistance, la famille pourrait assumer le coût des services de garde et, en tant que province, nous pourrons nous féliciter d’avoir outillé une petite entreprise qui contribuera au développement économique. Vivement, un gouvernement qui voudra se joindre à nous et qui pourra démontrer qu’il est possible de soutenir les productrices et les producteurs de nourriture de notre province!

À propos…

Rébeka Frazer-ChiassonRébeka Frazer-Chiasson est paysanne à la Ferme Terre Partagée de Rogersville. Environnementaliste et féministe, elle s’intéresse aux enjeux liés la souveraineté alimentaire. Elle est diplômée en Mondialisation et justice sociale à l’Université St-Thomas de Fredericton.

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Une réponse à “Le soutien aux nouveaux agriculteurs inclut l’accès aux services de garde – Rébeka Frazer-Chiasson

  1. When we switch from profit mode to survival mode at the government level it will already be too late for the environment. Check out the Methane problem of the continental shelf north of Siberia. Next year their will be no polar ice in the north.

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