Une 19e édition à la hauteur des attentes! – Véronique Arseneau

Du 6 au 9 août dernier se tenait la 19e édition du Festival acadien de poésie, à Caraquet. Plusieurs évènements se sont déroulés un peu partout dans la ville péninsulaire, mais aussi à la p’tite Église de Shippagan pour l’évènement « En route pour le bout du monde » et au phare de Miscou pour la soirée de poésie « Voir Miscou et mourir ».

Ça fait maintenant quelques années que je fais le détour par Caraquet pour assister à la soirée de poésie Martin-Pître. C’est là où j’ai entendu Herménégilde Chiasson pour la première fois, où j’ai assisté à une relecture des plus grands poèmes de Gérald Leblanc et où j’ai moi-même écrit de la poésie sur des post-its.

Cette année, la soirée de poésie Martin-Pître, qui a eu lieu le 8 août dernier, a été une excellente occasion de découvrir (ou d’apprécier à nouveau) pas moins de sept poètes de l’Acadie, du Québec et de l’Ontario. Jac Gautreau assurait la direction artistique alors que l’accompagnement musical était de Léandre Bourgeois et de Mico Roy. En entrant dans la salle du Centre culturel de Caraquet, les rangées de sièges habituellement réservées aux pièces de théâtre avaient été remplacées par une vingtaine de tables rondes. L’ambiance était des plus chaleureuses. C’est donc à la lumière d’une chandelle que je me suis assise, prête à prendre des notes et à boire les paroles des poètes. J’étais charmée!

Mathieu Arsenault. Crédit photo : Julie D'Amour-Léger.

Mathieu Arsenault. Crédit photo : Julie D’Amour-Léger.

La soirée s’est amorcée par une prestation alliant poésie, son et image par les productions Rhizome, un organisme québécois de production de spectacles littéraires. Le projet, intitulé « Vocalités vivantes », a été réalisé par Carl Lacharité, Érick Dorion, Simon Dumas et plusieurs résidents de Caraquet. Alors que Lacharité lisait des parties de son poème, « Le Vivant », on pouvait également voir apparaître à l’écran des Acadiens lisant le même poème un peu partout à travers Caraquet, de la salle de quilles à la traditionnelle course de tacots organisée par la communauté. Le projet permettait ainsi de se rassembler en communauté autour d’un même poème, réinterprété à plusieurs reprises par des voix uniques et différentes.

Par la suite Éric Charlebois, Sonia Lamontagne, Sébastien Bérubé, Jean-Marc Desgent, Gabriel Robichaud, Sonia Cotten et Mathieu Arsenault partagèrent à tour de rôle la scène et leurs mots, au grand plaisir de tous. Éric Charlebois affirma que « l’enfer est dans le ressac » alors que, sous le ton de la confidence, Sonia Lamontagne expliqua que nous sommes tous « à la recherche de nous-même dans l’autre ». Sébastien Bérubé, quant à lui, partagea quelques poèmes de son recueil de poésie publié cette année, Sous la boucane du moulin, amenant une touche madawaskayenne à la soirée. Les poèmes « Nuit de suie », « L’ère fécale » et « Ma terre » donnèrent le ton au reste de la soirée, qui fut beaucoup plus politisée et enflammée.

Sonia Cotten. Crédit photo : Julie D'Amour-Léger.

Sonia Cotten. Crédit photo : Julie D’Amour-Léger.

Peu de temps après, Gabriel Robichaud clama haut et fort son poème percutant intitulé « À cause que », les pages s’envolant au rythme effréné de l’énumération constante des « à cause que » : « à cause que Moncton n’est pas seule », « à cause que la Baie des Chaleurs est un mensonge », « à cause qu’on fait pas fucking pitié », « à cause que l’Acadie est une freak de l’histoire »… Par la suite, Sonia Cotten, en réponse à Robichaud, répliqua : « à cause que je viens de l’Abitibi / à cause que ça me dérange pas! ». Elle partagea par la suite un poème (ou plutôt une prestation!) intitulé « Zombie bisou », s’inspirant de la série télévisée The Walking Dead.

Après un dernier poème au rythme déchainé de Mathieu Arsenault, la salle resta assise, subjuguée. Mon amie Catherine me regarda et dit : « Ça doit être l’entracte, ça peut pas être déjà fini! » Je regarde l’heure : 11 h 07. Deux heures venaient de passer en l’espace de quelques instants… Sur la route du retour, je me fis une promesse personnelle pour l’an prochain : prévoir quelques jours de congé pour profiter de toutes les activités du festival, parce qu’une seule soirée de poésie, ce n’était pas assez!

À propos…

Véronique Arseneau

Véronique Arseneau est étudiante à l’Université Sainte-Anne en Nouvelle-Écosse, où elle termine un baccalauréat ès arts avec une spécialisation en études françaises. Véronique lit beaucoup, écrit un peu et écoute toujours les Hay Babies pendant ses nombreux roadtrips de Pointe-de-l’Église à Bathurst, au Nouveau-Brunswick, sa ville natale. Sa prochaine destination? Ottawa.

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