Les coûts du bilinguisme – Marc Chouinard

Il est très fréquent de lire certains commentaires dans les médias anglophones du Nouveau-Brunswick soulignant le fait que les coûts du bilinguisme sont inacceptables et qu’ils sont directement reliés aux demandes excessives de la population acadienne. Mettons les pendules à l’heure et essayons d’identifier les vraies raisons des coûts reliés au bilinguisme dans notre belle province.

Il y a de cela plusieurs décennies, la population acadienne a décidé de vivre, travailler et se divertir dans sa langue au Nouveau-Brunswick. Fonctionner avec le groupe anglophone unilingue dans certaines sphères d’activités implique nécessairement de la traduction et de l’interprétation et il y a un coût associé à ces services. Et il est important de souligner que la population acadienne bilingue n’a pas besoin de ces services linguistiques pour fonctionner et comprendre l’écrit et le parler des anglophones.

Archive de l'Évangéline. Marche au centre-ville de Moncton en 1972

Archive de l’Évangéline. Marche au centre-ville de Moncton en 1972

Dans quelle colonne du budget devrions-nous placer les coûts du bilinguisme ? Certainement pas dans la colonne acadienne. Nous n’avons pas besoin de ces outils de communication, puisque nous comprenons déjà l’anglais, n’est-ce pas ? Plusieurs des coûts du bilinguisme sont directement liés à l’incapacité des anglophones de comprendre le français écrit et parlé. Si tout le monde était bilingue, nous pourrions épargner beaucoup d’argent, parce que la réciprocité dans la compréhension mutuelle serait assurée. Nous traduisons discours et textes pour que les anglophones puissent nous comprendre au quotidien. Comme la majorité des anglophones ne comprend pas ma langue et que j’insiste pour vivre, travailler et me divertir en français, les coûts du bilinguisme doivent faire partie de leur fardeau financier, si, bien sûr ces personnes désirent comprendre mon parler et mes écrits. Il est donc injuste que certains anglophones accusent les Acadiens d’occasionner des frais non nécessaires au gouvernement. En réalité, c’est tout le contraire.

Il est impossible à ce moment-ci de notre histoire de modifier notre modus operandi. Tant que les anglophones ne seront pas plus aptes à comprendre le français, les services de traduction seront nécessaires. Il est également inconcevable que les anglophones unilingues n’utilisent pas les services d’interprétation lorsqu’ils sont disponibles. C’est une pratique courante de laisser les appareils inutilisés lors de conférences où les participants s’expriment dans les deux langues officielles. En plus de coûter cher, c’est du gaspillage.

Après plusieurs centaines d’années d’injustice, il est vraiment  temps que la communauté anglophone de la province fasse un effort pour créer des aménagements raisonnables menant à une relation équitable avec la communauté acadienne. Ce n’est pas toujours à l’Acadie de donner.

 À propos…

 Marc Chouinard

Marc Chouinard, originaire de Campbellton, Nouveau-Brunswick oeuvre professionnellement dans le secteur culturel depuis 1976. II a contribué à une variété de projets partout au Canada et en Europe, dont les Sommets de la Francophonie, l’Orchestre Symphonique de Montréal, les East Coast Music Awards – ECMA (président du conseil d’administration) et le Conseil des arts du Nouveau-Brunswick, dont il fut le coprésident. Actuellement directeur général du Théâtre Capitol  à Moncton, il présente, chaque année, des centaines d’artistes sur les deux scènes de cet espace culturel important des provinces atlantiques. Il est membre de l’Ordre du Canada.

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15 réponses à “Les coûts du bilinguisme – Marc Chouinard

  1. -copy paste- (Dans quelle colonne du budget devrions-nous placer les coûts du bilinguisme ? Certainement pas dans la colonne acadienne. Nous n’avons pas besoin de ces outils de communication, puisque nous comprenons déjà l’anglais, n’est-ce pas ?) Ne trouvez vous pas dangereuse une telle assertion puisque nous sommes minoritaires et c’est cas mëme nous qui l’avons revendiquer non? Réjean

  2. Merci de le re-publier. En effet, les coûts du bilinguisme doivent être imputés aux anglophones qui majoritairement ne sont pas en mesure de comprendre le français. Mettre en cause les frais du bilinguisme équivaut à dire que les Acadiens n’ont rien à dire qui mérite d’être entendu par les anglophones non bilingues.

  3. You «hate» writing in French for your Québec client? Je trouve votre attitude désolante, vous ne méritez pas votre poste de fonctionnaire au fédéral. Si tous les acadiens avaient votre attitude envers leur propre culture, l’Acadie n’existerait plus depuis longtemps.

    • Savez-vous pourquoi la plupart des Acadiens n’aiment pas écrire en français? Parce que, pour la majorité des Québécois et le  »monde instruit », le français de  »par ici » n’est pas assez bon pour eux. C’est correcte quand c’est la Sagouine qui baragouine, les Québécois sont pâmés sur elle mais quand ça vient au reste du monde c’est pu pareil.

    • Ej manque du fricot à la maison! Pis peut être du salisbury steak. J’peut jamais décider entre du manger anglais pis français. Who am I kidding? Les anglais avons pas des pets de soeurs ou du pâté chinois.

    • Non, je suis une vraie personne, et si vous saviez mes autres amis acadiens, vous sauriez que je chevauchent la ligne de démarcation entre franco et anglo. Peut-être que c’est parce que je suis allé à l’école secondaire anglais et aussi les universités.

    • Haha Yves. Ça semble tellement dur d’imaginer que tout les francophones ne pensent pas comme vous autres que tu vas même jusqu’à croire que le monde s’invente des identités pour mettre des commentaires comme celui de Renée. Y’en a beaucoup plus que tu penses.

  4. I guess I’m on the other side of the fence with this one. I am not in support of full New Brunswick bilingualism because of the associated costs, and as well as the actual % of population who are francophone. It makes no sense to push for bilingual only positions in government, when the position is placed in a overwhelmingly anglophone city. I think it’s time for fairness for all New Brunswickers.

    Just so you don’t go off on the deep-end with me. I’m a franco-Acadian. I went to French school in district 1. My family is from Memramcook. I have a French name. I am just tired of this never ending « franco » struggle and the fact that the New Brunswick economy is doing so poorly.

    True, I am a scientist and I have a bilingual position in the federal government in Ottawa. I also hate having to write reports in French for my Quebec clients, when by and large the scientific community operates in English. Because I work in the federal government, anything we publish as books needs to be available in both languages. This means our research articles can’t be posted on our website, and our books need to be translated just to satisfy the law (even though we might only sell 2 French copies, at a cost of 60k for the book translation!! Think of the tax payers here!)

    I’m ok with using French at home, French school boards, and French joie de vivre; but having forced bilingualism in areas of the province where it makes no sense (ie the western portion) isn’t smart.

    Many other places in the world have bilingualism without any problems..And to tell you the truth, it’s not like any Acadians in New Brunswick can’t speak English. We’re not Quebec. My super French Acadian family doesn’t even watch the news in French, or read French papers.

  5. C’est vrai que le bilinguisme, ça coûte chère. Je suis d’accord d’éliminer le bilinguisme, à condition que la langue officielle retenue soit le français.

  6. Belle chronique Marc. S’il est vrai que les tensions économiques et linguistiques sont en corrélation directe, les prochaines années s’annoncent difficiles au N.-B. Les fantômes du CoR ne sont pas cachés bien loin.

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